<?xml version="1.0" encoding="UTF-8" standalone="no"?><rss xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/" xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/" version="2.0">

<channel>
	<title>Henry Michel a un avis sur tout.</title>
	<atom:link href="https://www.henrymichel.com/feed/" rel="self" type="application/rss+xml"/>
	<link>https://www.henrymichel.com</link>
	<description>Medias, Tv, Musique, Culture, Buzz, Internet : Henry Michel a un avis sur tout !</description>
	<lastBuildDate>Sat, 11 Mar 2017 22:10:03 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
		<item>
		<title>Top Chef 2017 : les chroniques</title>
		<link>https://www.henrymichel.com/humeur/top-chef-2017-les-chroniques/</link>
					<comments>https://www.henrymichel.com/humeur/top-chef-2017-les-chroniques/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Henry Michel]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Jan 2017 21:32:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[humeur]]></category>
		<category><![CDATA[humour]]></category>
		<category><![CDATA[tv]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.henrymichel.com/?p=3559</guid>

					<description><![CDATA[J&#8217;ai le grand plaisir, toujours pour Munchies/Vice, de couvrir cette année la 8e saison de Top Chef 2017 en chroniques hebdo. Que vous suiviez l&#8217;émission culinaire ou non, venez lire ! Vous pouvez même m&#8217;évouter parler de Top Chef avec Spoiler Arrière, le nouveau podcast Riviera Ferraille !]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>J&rsquo;ai le grand plaisir, toujours pour Munchies/Vice, de couvrir cette année la 8e saison de Top Chef 2017 en chroniques hebdo.<br />
Que vous suiviez l&rsquo;émission culinaire ou non,<a href="https://munchies.vice.com/fr/topic/top-chef"> venez lire !<br />
V</a>ous pouvez même m&rsquo;évouter parler de Top Chef avec<a href="http://www.rivieraferraille.com/spoiler-arriere/" target="_blank"> Spoiler Arrière, le nouveau podcast Riviera Ferraille</a> !</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.henrymichel.com/humeur/top-chef-2017-les-chroniques/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>1</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La Police du Goût</title>
		<link>https://www.henrymichel.com/nouvelles/la-police-du-gout/</link>
					<comments>https://www.henrymichel.com/nouvelles/la-police-du-gout/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Henry Michel]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 May 2016 18:23:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[nouvelles]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.henrymichel.com/?p=3379</guid>

					<description><![CDATA[Pour les Munchies de Vice, j&#8217;ai écrit une SECONDE nouvelle gastronomique. Si ça devenait un genre ? J&#8217;adorerais. Novelliste gastronomique. Cela s&#8217;appelle la Police du Goût.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour les Munchies de Vice, j&rsquo;ai écrit une SECONDE nouvelle gastronomique.<br />
Si ça devenait un genre ? J&rsquo;adorerais. Novelliste gastronomique.<br />
Cela s&rsquo;appelle <a href="https://munchies.vice.com/fr/articles/sur-internet-on-nous-appelle-la-police-du-gout" target="_blank">la Police du Goût</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.henrymichel.com/nouvelles/la-police-du-gout/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Journal de Bord</title>
		<link>https://www.henrymichel.com/actu/journal-de-bord-2/</link>
					<comments>https://www.henrymichel.com/actu/journal-de-bord-2/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Henry Michel]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Dec 2014 21:28:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[actu]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.henrymichel.com/?p=2955</guid>

					<description><![CDATA[Il y a quelques semaines l&#8217;hébergeur de ce blog m&#8217;a envoyé plein de messages pour me prévenir qu&#8217;une faille s&#8217;y trouvait, et qu&#8217;il était sous attaque, et qu&#8217;il fallait le désactiver le temps que je trouve la faille et la colmate. Leurs instructions étaient polies mais énergiques, que je le veuille ou non, je devais réparer [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a quelques semaines l&rsquo;hébergeur de ce blog m&rsquo;a envoyé plein de messages pour me prévenir qu&rsquo;une faille s&rsquo;y trouvait, et qu&rsquo;il était sous attaque, et qu&rsquo;il fallait le désactiver le temps que je trouve la faille et la colmate. Leurs instructions étaient polies mais énergiques, que je le veuille ou non, je devais réparer ce bordel, ou sinon ils finiraient par effacer le blog.</p>
<p>Ce blog que je n&rsquo;avais pas touché depuis Avril dernier redevenait une préoccupation alors que je l&rsquo;avais mis de côté dans ma tête, comme le vieux chien de famille qui a toujours fait partie des meubles et qui, le jour où il tombe sérieusement malade, redevient le centre des attentions et récolte toutes les caresses qu&rsquo;on a oublié de lui donner précédemment.</p>
<p><span id="more-2955"></span></p>
<p>En m&rsquo;en occupant un peu, en essayant de déterminer, avec le savoir technique très restreint que j&rsquo;en ai, où se situait le problème, j&rsquo;ai quasiment tout relu ce que j&rsquo;y avais écrit, même vu ce que j&rsquo;avais fait, puisque j&rsquo;y postais aussi mes vidéos, les Craypion, les Cannes Inside, les trucs comme ça. Les blogs n&rsquo;ont pas d&rsquo;espérance de vie, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;obsolescence programmée, il est possible que cet endroit existe tant que je suis en vie, sauf si demain wordpress, le web ou autre mettent la clé sous la porte. Son rapport au temps est du coup extrêmement lent, irrégulier, mais consistant.</p>
<p>Je disais il y a quelque temps à quelqu&rsquo;un que le web, contrairement à ce qu&rsquo;on dit, n&rsquo;est pas seulement un endroit d&rsquo;immédiateté. Il satisfait énormément les amateurs de lenteurs ou d&rsquo;irrégularité, on peut mettre des mois à écrire un post, des semaines à faire quelques minutes de vidéo. On voit, lorsque certaines personnes du web passent à la télé, qui est beaucoup plus rapide dans son rapport à la création, à quel point ils ont du mal à s&rsquo;adapter avec ces contraintes de temps. Pour moi, la création en ligne est lente, en tout cas, j&rsquo;y fais plein de choses lentement.</p>
<p>De tout ce que j&rsquo;ai parcouru sur le blog, je n&rsquo;ai pas trop de honte retrospective, j&rsquo;y trouve une cohérence et des thématiques &#8211; la France dans sa diversité foutraque, les contrastes Paris/Province, qu&rsquo;ils soient culturels ou technologiques, plus globalement « Le Loisir Français ». Je n&rsquo;ai honte de rien, ou alors, paradoxalement, de trucs récents, comme ma dernière expérience cannoise qui a n&rsquo;a pas été la plus agréable, la plus facile et la plus efficace de toutes, pour rester mesuré.</p>
<p>Il y a un an de fil en aiguille je me suis mis à faire des reviews de jeux video, pour enfin rentrer dans un truc lié à Youtube, bien trop tard en fait, et puis pour essayer de changer de public, de voir si je pouvais sortir de cette communauté bienveillante qui a toujours apprécié mes trucs, mais qui n&rsquo;a jamais dépassé les 3-4000. On peut vraiment établir précisément ce chiffre. Quoi que j&rsquo;ai fait, j&rsquo;ai toujours tourné autour de ce chiffre . 4000. Les 4000.<br />
Le truc, qui s&rsquo;appelle Player Lambda, et que vous connaissez peut-être, car si vous lisez ce blog vous faites partie des 4000, a beaucoup plu à quelques personnes. Mais pas de nouveau public, ou peu. Toujours mes même 4000 chéris. J&rsquo;ai compris les gars, on se quittera pas. Je voulais pas vous quitter vous savez, je voulais juste savoir si je pouvais pas, par hasard, intéresser mille autres personnes, ou des plus jeunes, ou d&rsquo;autres types de publics. Mais non ok, restons ensemble. Vous avez été fidèles, vous étiez là avant, je vous ai balladé avec Cannes, les Craypion, vous me suivez sur Player Lambda, je suis très chanceux de vous avoir.</p>
<p>Youtube est vraiment une drogue quand on y fait des trucs, mater les stats sur iphone toutes les heures, voir les abos et les likes, m&rsquo;a rappelé un peu ces périodes de folie quand on matait le classement wikio sur les blogs, ou les classement des podcasts itunes quand je faisais mes émissions musicales. Frénésie du truc, playbooks et conseils de youtube pour attirer le chaland. Et puis les éditeurs qui commencent à t&rsquo;envoyer des jeux.<br />
Et puis, alors que tu galérais pour trouver des jeux, les jeux qui commencent à se superposer sur ta console encore cellophanés, mes gamins qui hallucinent que je les ouvre pas, et puis la pression de sortir un épisode, j&rsquo;ai tenu le coup, j&rsquo;aimais ça, boum un épisode par semaine pendant trois semaines consécutives, 20.000 vues sur mon truc de chirurgien, youhou.</p>
<p>Et puis je me suis retrouvé à avoir la pression d&rsquo;absolument sortir un truc en quatrième semaine consécutive, et puis je me suis dit que ça devenait une obligation. Et Dieu sait que j&rsquo;ai déjà un boulot, que je fais ça pour faire plaisir, me faire plaisir à moi, et avoir le bonheur immense de vous faire rire, mais je sentais venir la contrainte, et je me suis senti rassuré de savoir que quoi que je fasse, même si je faisais des pointes, que je me plante ou que je réussisse, au bout du compte vous seriez là, mes 4000, et que je devais continuer à absolument m&rsquo;en foutre pour continuer à vous satisfaire.</p>
<p>La seule liberté que j&rsquo;ai, en ne connaissant pas de succès massif, en ne faisant pas de tout ça mon métier, c&rsquo;est d&rsquo;être irrégulier, de vraiment faire ce que j&rsquo;ai envie, de ne pas me soumettre à la moindre contrainte, de m&rsquo;en foutre des petites miettes de thunes qu&rsquo;on vous tend si tôt quoi que vous fassiez. La seule certitude que j&rsquo;ai, c&rsquo;est que c&rsquo;est en cultivant ce handicap qu&rsquo;est l&rsquo;autonomie que je réussirai à trouver mon canal.</p>
<p>Pour les projets qui demandent de la production, j&rsquo;ai la chance d&rsquo;avoir à mes côtés un ami qui a compris comment je fonctionnais et qui respecte cette inconsistance épisodique. C&rsquo;est Bertrand qui est là depuis Cannes Inside, jusqu&rsquo;à Player Lambda, et on a  encore plein de chouettes trucs à faire.</p>
<p>Depuis Avril et le dernier post de ce blog, ma vie personnelle s&rsquo;est enrichie de beaux projets, la professionnelle continue, et je me suis lancé avec Bertrand et Alex Hervaud dans un développement de projet, une série, qui a été soutenue par une aide du CNC, ce qui nous a permis d&rsquo;avancer paisiblement dans l&rsquo;écriture d&rsquo;un truc dont on est assez fier.</p>
<p>Dans le cadre de ce développement j&rsquo;ai découvert la Bretagne, où se situe l&rsquo;action de la série, et le choc a été fort. Moi le sudiste, j&rsquo;ai tout adoré de ce que j&rsquo;ai vu. Je ne m&rsquo;excite pas pour la série, je souhaite vraiment que ça se fasse car c&rsquo;est un truc vachement bien, mais je sais que l&rsquo;exercice est ingrat et qu&rsquo;il faut correctement doser ses espoirs pour y mettre toute l&rsquo;énergie nécessaire sans avoir le coeur brisé si cela prend du temps à se monter. Quelque chose me dit que ça restera pas dans les tiroirs quand même.</p>
<p>Depuis quelques semaines, je me suis remis à la lecture et l&rsquo;écriture. J&rsquo;écris un truc qui s&rsquo;appelle « LE MEILLEUR CHEF AU MONDE », je crois que c&rsquo;est une nouvelle. Le truc peut-être le plus gratuit à écrire en 2014, publiable nulle part, trop long pour mes supports habituels en piges, trop court pour une publication lambda, ça finira sur le blog. Mais j&rsquo;en suis content, car quoi qu&rsquo;il arrive, je sais que vous les 4000, vous me lirez.</p>
<p>Je ne supportais pas de voir ce post d&rsquo;Avril 2014 en ligne. Je ne sais pas si le blog est guéri, mais au moins il sera up-to-date, et je vous aurai donné un peu de mes nouvelles, moi qui n&rsquo;ai pas l&rsquo;occasion de boire des verres avec vous.</p>
<p>Et pour Lambda, rassurez vous, il est pas mort, je veux juste garder les 100% de fraîcheur. En ce moment je joue à fond à Assassin&rsquo;s Creed Unity. Je veux revenir à la formule originelle. Ce qu&rsquo;on fait, c&rsquo;est que dès que j&rsquo;ai une blague qui me vient à l&rsquo;esprit, j&rsquo;appuie sur le bouton capture, OK ?</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.henrymichel.com/actu/journal-de-bord-2/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>14</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Journal de bord</title>
		<link>https://www.henrymichel.com/actu/journal-de-bord/</link>
					<comments>https://www.henrymichel.com/actu/journal-de-bord/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Henry Michel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Apr 2014 13:54:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[actu]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.henrymichel.com/?p=2816</guid>

					<description><![CDATA[Cela faisait déjà quelque temps que je voulais faire un vrai post de blogueur pur boeuf, mêlant quelques news chères à mon coeur et poser là quelques découvertes qui m’ont marqué. Un post léger et débonnaire de 50.000 signes placé sous le signe du #partage. Je me suis d’ailleurs rendu compte d’une chose, en considérant [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Cela faisait déjà quelque temps que je voulais faire un vrai post de blogueur pur boeuf, mêlant quelques news chères à mon coeur et poser là quelques découvertes qui m’ont marqué. Un post léger et débonnaire de 50.000 signes placé sous le signe du #partage.</p>
<p><span id="more-2816"></span></p>
<p>Je me suis d’ailleurs rendu compte d’une chose, en considérant avec paresse la possibilité du renouvellement de ce blog, c’est que :<br />
&#8211; je n’y blogue jamais.<br />
&#8211; lorsque je poste quelque chose ici, dans 90% des cas ce sont des nouvelles d’anticipations.</p>
<p>De la pilule qui empêche de dormir à la chasse aux drones, en passant par des fictions politiques impliquant Duflot en pédalo, Guéant assailli par un ancien camarade de promo, l’histoire vraie de Siri, un mec qui se transforme en mouette ou des monstres radioactifs politiques, j’avais sérieusement jamais fait le lien entre ces trucs que je publiais là et le fait que c’était soit de la science-fiction, soit de l’anticipation politique.<br />
Et le roman sur lequel je ne travaille pas depuis deux ans est aussi un truc avec pas mal de science-fiction. ET BEAUCOUP D’AMOUR ROMANTIQUE. J’ai oublié ce que je voulais dire, y’avait une conclusion sur ma vision de la vie, un truc sympa qui me permettait de faire une transition avec la suite, mais je viens de voir passer sur twitter une photo de Scarlett Johansson nue. Paradoxalement sur la photo je n’ai pas spécialement bloqué sur sa si médiatisée poitrine, mais sur son ventre et un nombril assez admirables.</p>
<p><strong>Cannes 2014</strong></p>
<p>On a passé Mars-Avril, cette période durant laquelle bouillonnent beaucoup de discussions sur la possibilité ou non de pouvoir faire des choses sur le web durant le Festival de Cannes, qui puisse nous exciter et plaire au plus grand monde. Cette équation est compliquée dans ce que je propose sur internet mais je crois que désormais j’ai arrêté d’essayer de chercher la formule magique. Pour Cannes, j’ai toujours eu la chance inouïe de faire exactement ce qui me plaisait, d’être fier de ce qu’on faisait, et de travailler avec des gens passionnés comme les équipes du web d’Arte, qui tentent toujours de penser en dehors de la boîte. Qu’un truc comme Cannes Cocktail ait existé l’année dernière grâce à eux est une vraie chance, j’ai aimé chaque seconde des tournages avec Clem et Bertrand. C’était une émission de genre, comme il existe des films de genre, le produit était bien rond, il y avait l’univers graphique, musical, et l’ambiance que j’avais voulu, tout le monde a bien fait son travail et ceux qui l’ont fait en sont fier. J’aurais préféré avoir 5 millions de vues par épisode, mais en même temps ça m’aurait très sérieusement intrigué. <a title="Playlist Youtube Cannes Cocktail" href="http://www.youtube.com/watch?v=3U9PSTq9Eu4&amp;list=PLbckDi56NfUhOKGg26GT27lqjrw2B6dJ4" target="_blank">Vous pouvez revoir les épisodes là</a>.</p>
<p>Cannes Cocktail, c’était 2013, le concept ne se prête pas à une deuxième saison, on a tous envie de faire autre chose de bien. C’était bien une année, voilà. C’est comme le karaoke. C’est rigolo une fois par an un peu bourré, mais si vous deviez y aller tous les jours ça deviendrait très relou.</p>
<p>Donc la news c’est qu’<strong>on est de retour pour Cannes 2014</strong>, toujours sur Arte.tv, avec une nouvelle présence qui va vraiment changer de ce qu’on a pu faire dernièrement pour le festival. C’est un peu tôt pour gâcher le truc en racontant tout, mais disons qu’on va jouir d’une liberté de publication et de supports qui est proche de l’idéal pour moi. J’aime faire des videos, écrire pour le festival comme je l’avais fait pour Slate me manquait, et on devenait frustré de n’être là que le matin, sur une émission circonscrite dans le temps, sans donner de news ou faire du lol sur le reste des évènements de la journée. Notre présence sera plus diffuse, moins matérialisée par un rendez-vous quotidien, mais elle sera parcontre permanente, du début à la fin du festival et tout au long de la journée. On va s’embarquer dans une aventure un peu inconnue qui va beaucoup nous solliciter, mais ce que je peux dire c’est qu’on est méga excité. Et qu’on va bien rigoler.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Midi Festival</strong></p>
<p>Fin Juillet, venez boire des coups avec nous à Hyères, sous le son des cigales et la pinède magnifique des jardins de la Villa Noailles, sur un site à échelle humaine, pour écouter Panda Bear, François &amp; The Atlas Mountains, Merchandise ou John Wizards, jouant à deux mètres de vous comme des potes à la plage.<br />
C’est une année spéciale pour le Festival (dont je fais partie du conseil d’administration depuis ses débuts &#8211; disclaimer d’amour). La programmation a été réduite, restreinte à l’écrin de la Villa Noailles, pour pouvoir passer une année difficile du point de vue de nos finances. Une étape connue si vous êtes au fait des festivals musicaux en France, et d’autant plus dans ma belle région, lorsque l’on décide de sortir un petit peu des sentiers battus. Mais la connaitre n’enlève rien à l’enjeu impératif de la traverser pour pouvoir continuer.<br />
Alors si vous avez déjà connu Midi, si vous avez apprécié votre passage à Midi Festival, où si vous voulez vraiment découvrir l’essence du Festival c’est cette année qu’il faut venir, dans une configuration semblable aux premières éditions, qui en avaient fait le succès.</p>
<p>C’est le dernier week-end de Juillet, la billetterie est là : <a title="Billetterie Midi Festival 2014" href="https://www.yesgolive.com/midi-festival" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;">https://www.yesgolive.com/midi-festival</span></a><br />
Vous lancez l’idée à vos potes/votre-vos chéri-e-s, réservez fissa un camping ou un hotel (cette année il n’y a qu’un seul site de festival donc pratique), et boum c’est réservé, et on trinquera ensemble en critiquant la coiffure des bassistes.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong> The Disaster Artist, Kinski et Magellan</strong></p>
<p>Téléscopage ce mois-ci pour moi de trois lectures et visionnages autour du même thème, sans raison précise : les gens fous qui n’ont cure des avis des autres pour faire ce qu’ils ont en tête, et qui réussissent juste un peu.</p>
<p>Le premier est de la plus haute incompétence, mystérieux, et terriblement attachant : c’est Tommy Wiseau, le réalisateur du film « The Room », qui fut considéré par la critique comme le Citizen Kane des mauvais films, devenu culte de facto grâce aux internets.<br />
6 millions de dollars de budget pour un film à trois décors, payé de la poche (sans que l’on sache d’où vienne l’argent) de cet égomaniaque, démissions en cascade, scenario improbable, ambiance postapocalyptique sur le tournage, un cocktail parfait.<br />
Son meilleur ami, qui contribua au film en temps qu’acteur et line producer (!), a raconté sa rencontre avec Wiseau et les conditions de ce tournage dans un livre hilarant et touchant, « <a title="The Disaster Artist" href="http://books.simonandschuster.com/Disaster-Artist/Greg-Sestero/9781451661194" target="_blank">The Disaster Artist </a>». J’ai positivement adoré, lire ce bouquin était merveilleux, et voici la bande annonce vidéo du livre (je trouve ça chouette comme idée, faire une bande annonce video de livre).</p>
<p>[HTML1]</p>
<p>GROS PARALLELE avec « <a title="Ennemis Intimes - Arte VOD" href="http://boutique.arte.tv/f4738-ennemis_intimes" target="_blank">Ennemis Intimes</a> » * ,  ce documentaire du réalisateur allemand Werner Herzog sorti il y a quelques années sur sa collaboration avec le terrible Klaus Kinski. Là où le fou Tommy Wiseau était nul mais inoffensif, le fou Kinski était génial et dangereux. Les plus jeunes de mes lecteurs ne le connaissent peut-être pas, mais cet acteur allemand, papa de Nastassja Kinski (enfin si vous ne connaissez pas Klaus je doute que vous connaissiez Nastassja lol), était un mélange de fureur brute, d’expressivité terrifiante et de violence quasi permanente. Il n’a quasiment tourné qu’avec Herzog, le seul homme à canaliser la bête, la supporter, dans une démarche tout de même assez égoïste &#8211; celle de puiser jusqu’à la moelle le carburant de folie de Kinski pour servir son oeuvre.<br />
Ces moments de violence pendant les tournages, mais aussi l’extraordinaire histoire d’amitié des deux hommes, Herzog le relate dans ce documentaire qui retrace entre autres les tournages de <em>Aguirre, la Colère des Dieux</em> ou <em>Fitzcarraldo</em>.</p>
<p>[HTML2]</p>
<p>La première fois que j’ai vu qui était Kinski en tournage, la première fois que je l’ai vu hurler, yeux exorbités, devant un public entier de spectateurs, sa propension a éclater sans aucune retenue sociale devant les gens, je m&rsquo;étais dit que cet homme était l’homme le plus libre du monde. Il a été mon héros pendant dix jours, jusqu’à ce que j’apprenne qu’il touchait ses enfants en permanence et avait violé l’une de ses filles pendant à peu près toute son enfance. Je me suis dit que la liberté totale ET inoffensive pour les autres est aussi une équation très difficile, et j’ai jeté à la poubelle ma photo encadrée de Kinski (c’est une image).</p>
<p>Enfin, plus soft, mais significativement plus important pour l’humanité, <a title="Magellan" href="http://livre.fnac.com/a1374011/Stefan-Zweig-Magellan" target="_blank">Magellan raconté par Stefan Zweig</a>. Dans ma folie dévorante de l’histoire des navigateurs (je kiffe La Perouse, Bougainville, ma star le capitaine Cook, etc), j’étais toujours passé à côté de Magellan, ne comprenant pas trop l’enthousiasme des Magellos sur ce garçon qui, bien qu’ayant ouvert une voie vers l’Asie par l’Amérique, était mort avant d’arriver. Perso je n’ai jamais trop aimé Colomb non plus, que j’ai trouvé concon jusqu’à la fin à radoter sur l’Amérique.</p>
<p>Mais le Magellan que raconte Zweig est plus attachant, seul contre tous, contre l’impossibilité notoire à l’époque de rejoindre l’Asie par l’Ouest, contre son propre pays qui le renie, contre l’Espagne qui le soutient mais fomente plein de manigances contre lui. Contre sa gueule visiblement antipathique qui, à l’inverse de ces gens au physique facile qui obtiennent tout en un sourire, lui attirait des refus et des inimitiés injustifiées et immédiates. Le gars a fait preuve d’un calme et d’une patience de zinzin, a préparé son expédition, est passé entre les gouttes, et malgré cette montagne d&#8217;emmerdes a emmené ses navires à l’autre bout de la terre, par des chemins jamais explorés par un seul européen. En mourrant à mi-chemin, certes, mais je serais vous je ne me moquerais pas, à moins qu’un détroit porte votre nom. Si c’est le cas, je vous autorise à juger.</p>
<p>On se retrouve après le festival.</p>
<p>* Il est disponible sur Arte VOD et ce post n’est pas sponsorisé. Je pourrais vous orienter vers UniversCiné mais leur interface est horrible et le film a coupé mille fois. Donc j’ai acheté deux fois la loc pour le voir.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.henrymichel.com/actu/journal-de-bord/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>1</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>MONSTROCRATIE</title>
		<link>https://www.henrymichel.com/histoire/monstrocratie/</link>
					<comments>https://www.henrymichel.com/histoire/monstrocratie/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Henry Michel]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 Mar 2014 13:50:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.henrymichel.com/?p=2810</guid>

					<description><![CDATA[14 Mars 2014, 4 heures du matin Le Président de la République débarqua dans la salle de réunion de l’Elysée en imperméable et mules, et l’espace d’un instant le général Ronceau imagina son illustre chef des armées en ouvrir les pans pour révéler à toute la cellule de crise estomaquée sa zigounette en clamant un [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p dir="ltr"><strong>14 Mars 2014, 4 heures du matin</strong></p>
<p>Le Président de la République débarqua dans la salle de réunion de l’Elysée en imperméable et mules, et l’espace d’un instant le général Ronceau imagina son illustre chef des armées en ouvrir les pans pour révéler à toute la cellule de crise estomaquée sa zigounette en clamant un slogan de type “vous vouliez la voir ? La voilà !”.<br />
Ronceau ferma très fort les yeux pour chasser cette idée de son esprit.</p>
<p><span id="more-2810"></span></p>
<p>Hollande plaqua ses cheveux sur son crâne en s’excusant pour sa tenue, et demanda calmement au général ce qui motivait cette réunion d’urgence. Ronceau s’exécuta.</p>
<p dir="ltr">&#8211; Monsieur le Président, un incident que nous avons classé d’une gravité niveau 5, et immédiatement placé sous secret défense, s’est déroulé à 23h00 précises au centre d’archivage de Plessy-Les-Combes.<br />
&#8211; C’est ici que les comptes des partis ont été déposés sous scellés ? remarqua Hollande.<br />
&#8211; Affirmatif, monsieur le président. A 19h00 ce soir, en présence des medias, deux nouveaux box ont accueilli respectivement les comptes du parti socialiste et de “Debout la France”, répondant à l’appel de monsieur Copé.<br />
&#8211; Quelqu’un a commis une effraction sur ces box ?<br />
&#8211; Négatif, monsieur le Président.</p>
<p dir="ltr">Le ministre de la Défense coupa Ronceau :</p>
<p dir="ltr">&#8211; Chaque box est gardé par un agent de police, et l’ensemble du bâtiment bénéficiait d’un dispositif de sécurité conséquent &#8211; niveau 3. Un dispositif déjà présent à l’année en raison de la présence sur le site de Plessy-Les-Combes d’une annexe d’un centre de recherches atomiques inconnu du public.<br />
&#8211; Que s’est-il passé ? demanda le président d’un air las.</p>
<p dir="ltr">Ronceau consulta ses notes.</p>
<p dir="ltr">&#8211; A 22h, une alerte de sécurité au risque qualifié de minime a été enregistré sur le site d’étude atomiques attenant au centre d’archivages &#8211; pendant 17 secondes un rayonnement radioactif a été émis suite à la surcharge d’un moteur d’analyses. Le différent personnel présent dans le bâtiment lors de cet incident est actuellement sous contrôle médical, y compris les agents présents à la garde des box. La fuite a été rapidement maîtrisée par l’ensemble du personnel scientifique.<br />
&#8211; Bien. Vous m’avez réveillé pour ça ?<br />
&#8211; Non monsieur le président. A 23h, le policier en charge de la surveillance du box contenant la comptabilité de l’UMP, l’agent Barbot, a perçu un fort bruit de l’autre côté de la porte. Il l’a signalé immédiatement &#8211; son rapport mentionnait “ des bruits de feuilles et de boites qui tombent, comme si un individu avait pénétré dans le box”. Les bruits se sont interrompus pendant 2 minutes, puis ont laissé place à un immense….rugissement.</p>
<p dir="ltr">Hollande regarda son ministre de la Défense d’un air interrogateur, cherchant dans ses yeux un quelconque indice sur la santé mentale du général des armées.</p>
<p dir="ltr">&#8211; Un rugissement ?</p>
<p dir="ltr"><strong>13 Mars 2014, 23h10</strong></p>
<p dir="ltr">Le rugissement qui secoua l’étage entier pétrifia Barbot. Il observa la porte du box en posant la main sur son arme de service. De l’autre, il actionna son talkie.</p>
<p dir="ltr">&#8211; Mullier ? Tu as entendu ?<br />
<em>&#8211; C’est quoi ce bordel ?</em> demanda Mullier sous les crachotements.<br />
&#8211; Y’a un truc qui a rugi dans le box de l’UMP.<br />
<em>&#8211; J’entends des bruits dans mon box. Des bruits de feuilles.</em><br />
&#8211;  Au P.S ?<br />
<em>&#8211; Oui, Box P.S.</em><br />
&#8211; Ludo, tu entends quelque chose dans ton box ?<br />
<em>&#8211; Des petits bruits ouais.</em><br />
&#8211; Mais fuck putain, c’est quoi ce bordel.</p>
<p dir="ltr">Sans raison valable, Barbot imagina tout de suite une action écoterroriste. Son scénario le plus plausible, dans la panique et l’urgence de la situation, était que des activistes avaient réussi à pénétrer dans les box par Dieu sait quel moyen, pour voler la compta des partis et y laisser des fauves.<br />
Il approcha son visage de la porte du box pour déceler les nouveaux bruits qui s’en dégageaient.</p>
<p dir="ltr">&#8211; J’entends des sons bizarres&#8230;spongieux, dit-il au talkie. Et une putain de respiration de gorille.</p>
<p dir="ltr">Barbot allait émettre une nouvelle précision quand la porte blindée s’envola comme une feuille et le projeta contre le mur du couloir. Sa tête heurta le mur et il s’écroula mais ne perdit pas connaissance. Il ramassa son arme et la pointa vers ce qui venait d&rsquo;apparaître à la sortie du box. Il en profita pour s’uriner dessus.</p>
<p dir="ltr">Aucune créature de science-fiction qu’avait connu Barbot n’approchait la masse informe et bleuâtre de la chose qui lui faisait face &#8211; hormis peut-être les monstres des marais des films américains des années 50. Un gigantesque hippopotame à six pattes, debout, gélatineux et bleu azur, dégoulinant d’un gel coloré et visqueux le fixait du regard. L’ensemble de son corps parcouru de tentacules ne passait pas le chambranle de la porte. Le monstre lutta pour passer en force, son corps mollusque s’insérant dans l’encadrement pour sortir du box.</p>
<p dir="ltr">Barbot tira trois balles, qui s’absorbèrent dans le corps en gelée de la bête sans qu’elle ne manifeste le moindre signe d’inconfort. Incapable de passer le chambranle, elle martela le mur de ses gigantesques pattes, épaisses comme des troncs d’arbres, et l’ensemble du chambranle sauta dans un nuage de poussière.</p>
<p dir="ltr">&#8211; Je suis mort les gars, dit doucement Barbot.</p>
<p dir="ltr">L’hippopotame-pieuvre s’approcha lentement de Barbot et se pencha au dessus de lui pour le renifler. Des filets de matière visqueuse coulaient de sa tête entière et tombaient par morceaux sur l’uniforme de Barbot entièrement blanchi par la poussière et le plâtre.</p>
<p dir="ltr">Le monstre poussa un grognement, renifla dans l’air, et poursuivit sa route dans le couloir, en direction de la section de Mullier et du box P.S.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p dir="ltr"><strong>14 Mars 2014, 4 heures 20 du matin</strong></p>
<p dir="ltr">&#8211; Du box P.S ? demanda le Président.<br />
&#8211; Affirmatif, monsieur le président. Lorsque la bête arriva au niveau de l’agent Mullier, celui-ci était déjà en proie à une deuxième créature sortie du box du parti socialiste. une sorte de “limace rose géante dotée de nombreuses pointes se terminant de bulbes lumineux, et dégageant un gaz parfumé étourdissant”.<br />
&#8211; Qu’est-il arrivé à l’agent Mullier ?<br />
&#8211; Rien. Ces créatures ignorent les hommes. Elles se cherchaient. La créature bleue de l’UMP, à la vue de la créature B, a renouvelé les rugissements et s’est précipité en sa direction. Un combat massif et destructeur s’en est suivi dans les couloirs du centre d’archivage. Deux pans de murs ont été entièrement détruits par la force des coups assénés.<br />
&#8211; Le combat continue ?<br />
&#8211; Non monsieur le Président, enchaîna le ministre de la Défense. Il y a deux heures, l’armée est intervenue. Ces créatures ne réagissant absolument pas aux balles, un système de filets mécaniques a été déployé et elles ont pu être maîtrisées, non sans d’extrêmes difficultés. Les trois créatures sont actuellement captives, dans des cellules triple blindage aux quartier généraux de l’armée. Elles ne nécessitent aucun traitement. Visiblement ces monstres s’autonourrissent très bien.</p>
<p dir="ltr">Hollande s’enfonça dans son fauteuil.</p>
<p dir="ltr">&#8211; Les trois créatures ?</p>
<p dir="ltr">Ronceau regarda ses notes.</p>
<p dir="ltr">&#8211; Oui, une troisième créature est aussi apparue dans le box “debout la république”, un bouquetin translucide parcouru de ventouses, mais l’animal, de taille extrêmement réduite, n’a pas pu sortir du box. Il semblerait, selon nos premières conclusions, et aussi surprenant que cela puisse paraître….que les créatures apparues dans les box sont de taille proportionnelle….à la taille du parti en popularité.</p>
<p dir="ltr">Le silence envahit la salle de réunion. Le regard du président ne laissait rien dégager.</p>
<p dir="ltr">&#8211; Qui a gagné ? demanda-t-il.<br />
&#8211; Pardon, monsieur le président ?<br />
&#8211; Qui a gagné entre notre monstre et le leur ?<br />
&#8211; Je&#8230;je ne comprend pas votre question.<br />
&#8211; Entre le monstre du box UMP et le monstre du P.S ?<br />
&#8211; Hé bien… Je crois que lorsque les filets ont été déployés, la limace rose s’était fixée sur la tête de la créature bleue grâce à une attaque de ses bulbes, et le monstre U.M.P était K.O.</p>
<p dir="ltr">Hollande ne put réprimer un sourire.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p dir="ltr"><strong>6 Mai 2022</strong></p>
<p dir="ltr">Les 350.000 spectateurs du Nouveau Stade de France s’enflammèrent sous les sifflements et les hourras lorsque Chalumex &#8211; le chameau gorille du Front National &#8211; pénétra dans l’arène, se déplaçant avec une rapidité extraordinaire et dans un sillage de bave acide vers Taupou, la taupe géante du parti de gauche.</p>
<p dir="ltr">Les stats affichées sur le panneau géant dominant l’arène laissaient peu de chance à la taupe sur le papier pour ces quarts de finales. Toute la campagne 2022 avait contribué à nourrir les bêtes respectives de chaque parti. Depuis la découverte des monstres, les techniques de dressage avaient évolué à une telle vitesse que sur la dernière année de campagne, grâce à un ensemble de promesses électorales et de sondages alarmants sur la sécurité, Chalumex avait naturellement pris 235 kilos de muscles en quelques mois. Sa technique d’étouffement/caresse avait terrassé en finale des législatives Hippopieuvre, le champion de l’U.M.P.</p>
<p dir="ltr">Depuis ce cuisant échec, le parti de Copé avait énormément musclé sa campagne &#8211; l’absence de votes au suffrage universel avait permis beaucoup plus de liberté dans les promesses. Ce qui nourrissait les bêtes était moins le réalisme ou la faisabilité des promesses que leur impact auprès des humains. C’était ce qui nourrissaient les bêtes. Elles sentaient l’enthousiasme. Elles évoluaient grâce à l’enthousiasme et à l’espoir.</p>
<p dir="ltr">Un camion remorque lumineux vint ramasser le corps sans connaissance de Taupou, assommée en six secondes par Chalumex &#8211; nouveau record. Chalumex rentra dans son box pour le prochain tour.</p>
<p dir="ltr">Une musique retentit dans le stade pour faire attendre les spectateurs. Un film animé apparut à l’écran et annonça le prochain match. Bulbimace, le champion du P.S, qui avait repris du poil de la bête ces dernières années, allait affronter le nouveau monstre inconnu du parti libéral, Aiglisson, un aigle-hérisson cultivé l’année dernière au centre d’élevage politique de Plessy-Les-Combes. Les techniques de création avaient été automatisées et maîtrisées.</p>
<p dir="ltr">L’évènement avait été fortement médiatisé. Le chef du parti libéral avait déposé sa comptabilité et son programme électoral dans le box, maintenant sous plexiglas blindé.</p>
<p dir="ltr">Le rayonnement radioactif avait été émis au-dessus des cartons, et au bout de 17 secondes, dans un déluge de feuilles volantes et un cri déchirant, l’animal était apparu.</p>
<p dir="ltr">Le Monde avait récemment consacré un dossier spécial de 10 pages sur Aiglisson et les attaques spéciales qu’il renfermait. Une rumeur d’attaque bec-plongeur semait d’énorme doutes au sein des partis. L’ensemble des politiques de gauche redoutait une défaite des les huitième de finale contre Aiglisson, et avait proposé une réunification des programmes de gauche dans un même box, pour une version évoluée et plus musclée de Bulbimace. Il aurait pu profiter du déplacement souterrain de Taupou, du parti de gauche. Mais au dernier moment, Mélenchon s’était défilé, et l’évolution avait été annulée.</p>
<p dir="ltr">L’ensemble du stade retint sa respiration lorsque le speaker annonça l’entrée dans l’arène d’Aiglisson, et sa première apparition publique.</p>
<p>Nul doute que ces nouvelles élections présidentielles allaient se révéler trépidantes.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.henrymichel.com/histoire/monstrocratie/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>3</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Pokemon Déconne</title>
		<link>https://www.henrymichel.com/perso/pokemon-deconne/</link>
					<comments>https://www.henrymichel.com/perso/pokemon-deconne/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Henry Michel]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 08 Dec 2013 20:40:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[perso]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.henrymichel.com/?p=2778</guid>

					<description><![CDATA[Une petite anecdote dans la rubrique parentalité. Décembre 1988 J&#8217;ai 10 ans, et au centre commercial Rallye de Mandelieu, je passe le plus clair de mon temps devant la borne de démonstration de la Nintendo Entertainment System, où, avec une demi-douzaine de gamins en anorak nous nous relayons pour jouer à Super Mario Bros. Mon [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Une petite anecdote dans la rubrique parentalité.</p>
<p><span id="more-2778"></span></p>
<p><em><span style="text-decoration: underline;">Décembre 1988</span></em></p>
<p>J&rsquo;ai 10 ans, et au centre commercial Rallye de Mandelieu, je passe le plus clair de mon temps devant la borne de démonstration de la Nintendo Entertainment System, où, avec une demi-douzaine de gamins en anorak nous nous relayons pour jouer à Super Mario Bros.<br />
Mon expérience du jeu video n&rsquo;était pas tout à fait vierge, j&rsquo;y jouais en arcade, quand mon père allait faire son tiercé et qu&rsquo;il m&#8217;emmenait au bar PMU, et je faisais une partie à 5 francs dans cette odeur rassurante de cigarette et de baguette de pain toute chaude, que les parieurs tenaient sous le bras en poinçonnant leurs cartes.</p>
<p>Mais la NES et Mario, c&rsquo;était autre chose, c&rsquo;était le futur. La borne de démonstration comptait un minuteur. Je ne me souviens plus de la durée exacte, mais au bout d&rsquo;un certain moment (une ou deux minutes), l&rsquo;action s&rsquo;interrompait pour revenir au menu de titre. C&rsquo;était très frustrant, mais un vrai challenge. Chaque centimètre de niveau que nous découvrions d&rsquo;essai en essai provoquait un délire. Le meilleur du groupe que nous formions traçait comme un malade le long du premier niveau, oubliait les briques, épargnait les champis, traçait, traçait, traçait, pour qu&rsquo;au bout des 60 secondes fatidiques nous puissions découvrir un bloc de terrain inédit.<br />
J&rsquo;ai toujours été déchiré entre les deux générations qui m&rsquo;encadrent, les digital native, que je ne suis pas, et les digital migrants, que je ne suis pas non plus. J&rsquo;aime bien imaginer les gens de ma génération comme les digital colons, comme ces hollandais qui partageaient la dinde dans une Amérique encore hostile mais qu&rsquo;ils n&rsquo;avaient pas vraiment contribué à découvrir.<br />
Et le symbole pour moi de cette colonisation, ce sont ces bouts de terrains vierge que nous découvrions essai après essai dans super mario bros, comme les gars qui devaient découvrir, progressivement, à coups de machettes, les paysages de l&rsquo;Amérique.</p>
<p>Si je n&rsquo;ai pas construit ces territoires, j&rsquo;ai toujours eu la chance de les connaitre à peu près vierges. La matérialisation la plus aboutie de cette métaphore a été Second Life, et ses immenses contrées de pixels inconstruites, mais ce n&rsquo;est pas l&rsquo;époque pour en parler.<br />
Bref, on découvrait Mario Bros et il y avait vraiment de quoi péter un câble. Je m&rsquo;étais juré que lorsque je serais adulte et que j&rsquo;aurais un métier, genre à 25 ans,  j&rsquo;utiliserais mon premier salaire pour m&rsquo;acheter une NES. Nous n&rsquo;avions aucune idée de l&rsquo;obsolescence à venir d&rsquo;une console aussi chouette. Elle était tellement chouette qu&rsquo;on aurait presque pensé que la science des jeux videos pouvait s&rsquo;arrêter là.<br />
Oui je me l&rsquo;étais promis : à 25 ans je m&rsquo;achèterais la NES et j&rsquo;y jouerais à m&rsquo;en crever les yeux, et je franchirais triomphalement avec Mario tous ces territoires mystérieux qui me deviendraient familiers.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><em>De nos jours</em></span></p>
<p>Ma fille aînée a sept ans. J&rsquo;essaie de suivre un peu ses délires, d&rsquo;assurer pour tout ce qui concerne ses petites passions, qu&rsquo;elle se sente suivie, encouragée, et que je sois juste considéré comme le papa le plus cool de l&rsquo;école. Grâce à Youtube, j&rsquo;ai appris pour elle à faire des tresses et concurrencer gravement ma femme dans ce domaine, des scoubidous et plein d&rsquo;autres trucs que j&rsquo;ai failli poursuivre après que ma fille elle-même s&rsquo;y soit désintéressée.</p>
<p>Mais je n&rsquo;avais jamais vraiment EXAGERE &#8211; jamais franchi ce degré de zèle où l&rsquo;intérêt devient nocif ou envahissant.<br />
Jusqu&rsquo;à la déconne pokemon.</p>
<p>Un jour ma fille est revenue avec 4 ou 5 cartes pokemon, qu&rsquo;elle avait réussi à obtenir d&rsquo;une copine. Elle était toute contente de ces quatre cartes, et mentionnait des noms de pokemons qu&rsquo;elle avait hâte de remporter la prochaine fois. Personnellement je n&rsquo;ai jamais connu les pokemon si ce n&rsquo;est de loin, je suis trop vieux d&rsquo;une dizaine d&rsquo;années au moins pour avoir connu la mode à l&rsquo;époque. Je connaissais un peu le dessin animé surement, 3 ou 4 pokemons du dessin animé, mon avis était neutre sur les pokemon. Je n&rsquo;avais pas d&rsquo;avis sur les pokemon.</p>
<p>J&rsquo;ai regardé la carte et, à la différence des cartes paninis de mon époque, les inscriptions étaient techniques &#8211; un score au coin supérieur droit, des mentions d&rsquo;évolution, des légendes d&rsquo;attaques avec une sorte de barème, c&rsquo;était intriguant.<br />
&#8211; Mais comment vous jouez à ça ?<br />
&#8211; Oh, on fait juste une bataille, celui qui a le plus grand score dans le coin là, il gagne l&rsquo;autre carte.<br />
&#8211; Mais « PV », c&rsquo;est point de vie, c&rsquo;est pas des points pour attaquer, ça.<br />
&#8211; Si, c&rsquo;est comme ça qu&rsquo;on fait.<br />
&#8211; Et les attaques qu&rsquo;il y a marqué en-dessous ? Les points de retraite et de résistance en bas, là ?<br />
&#8211; On s&rsquo;en sert pas, ça sert à rien.</p>
<p>Je suis du genre assez rigoureux pour les règles et ses explications me laissèrent furibard. Le soir même, les gamins couchés, j&rsquo;ai regardé sur internet pour connaitre les règles exactes du truc. D&rsquo;apparence c&rsquo;était pas simple sur les tutoriaux youtube, surtout expliqués par des kids de dix ans, qui disaient « voilà » cinq fois par phrase. Et puis un site disait qu&rsquo;il existait un jeu gratuit pour voir les cartes et les règles, « Pokemon Trading Card Game Online ». Je l&rsquo;ai installé sur mon ordi à 21h. A 2h du matin je me suis couché après avoir assimilé les règles et gagné un tournoi régional contre l&rsquo;ordinateur, douze adversaires pulvérisés en mode facile.</p>
<p>Le lendemain matin, j&rsquo;aurais pu sonner le clairon tellement j&rsquo;étais heureux de connaitre la vérité sur les vraies règles du jeu de carte Pokemon. Ma fille levée, je lui ai expliqué qu&rsquo;elles n&rsquo;y étaient pas, elles et ses copines, que ce jeu de bataille était complètement à côté de la plaque, qu&rsquo;il fallait un deck, un tapis, des pièces, des énergies bien précises.</p>
<p>Pour l&rsquo;aider à intégrer la vraie communauté pokemon de son école &#8211; je me doutais qu&rsquo;il y en existait une, qui regardait les batailleurs avec mépris, et qui dans l&rsquo;avenir allaient par conséquent l&rsquo;exclure de toutes les soirées cools &#8211;  je lui ai acheté deux jours plus tard un deck pokemon, une quarantaine de cartes. Et un pour moi, parce qu&rsquo;il fallait bien qu&rsquo;elle s&rsquo;entraine contre un être humain, non ?<br />
Le deck était hyperpuissant, avec des pokemons molosses et tout, mais il n&rsquo;y a avait pas les deux cartes qu&rsquo;elle aimait bien, et qu&rsquo;elle voulait juste collectionner.</p>
<p>J&rsquo;ai quand même appris les règles à ma fille qui est revenue le soir même avec 5 cartes gagnées&#8230;en jeu de bataille. Elle n&rsquo;y était pas. Elle cherchait à obtenir et échanger des pokemons roses et sympas, sans aucun intérêt en attaque ou dans le cadre des vraies règles du jeu. JUSTE POUR L&rsquo;IMAGE. Je devenais fou.</p>
<p>Ivre de parties virtuelles, il m&rsquo;a fallu 24 heures pour me mettre au courant de l&rsquo;univers des cartes pokemon, des derniers decks qu&rsquo;il fallait avoir, des évolutions les plus puissantes, du nom du dernier champion de Lozère. Je suis même repassé au magasins de jouets pour examiner de nouveaux decks rutilants qui auraient été bien pratiques pour compléter l&rsquo;arsenal de ma fille (qu&rsquo;elle ne faisait toujours pas à l&rsquo;école, qu&rsquo;elle n&rsquo;avait jamais demandé de faire, qui ne l&rsquo;intéressaient pas). Je ne sais pas quels ingénieurs pervers travaillent pour concevoir les emballages de ces decks, mais ils sont d&rsquo;une attractivité extraordinaire, luisants, dans une forme parallépipédique anguleuse qui n&rsquo;appelle qu&rsquo;à l&rsquo;achat, à l&rsquo;ouverture, à la victoire.</p>
<p>Cette montée de glucose très rapide a trouvé son apogée le 3e jour quand, fier comme si j&rsquo;avais sauvé une famille entière d&rsquo;un naufrage, je suis tombé sur une enchère de 260 cartes mises en vente  à 10€ sur ebay, par un gamin devenu surement trop mûr pour y jouer encore. <em>Deux cent soixante</em>. Le bouton d&rsquo;achat immédiat secouait ses boobs sous mes yeux.<br />
Toutes les cartes que ma fille cherchait à acquérir s&rsquo;y trouvaient. Ses envies seraient comblées d&rsquo;une traite en un raz-de-marée de cartonaille, j&rsquo;en profiterais pour disposer de l&rsquo;arsenal le plus pur de mon quartier, au cas où d&rsquo;autres pères à l&rsquo;école, au coin d&rsquo;un couloir, se mettraient dans l&rsquo;idée de me défier au jeu de carte pokemon.</p>
<p>Et puis juste avant de valider l&rsquo;achat, la raison m&rsquo;est revenue. Je me suis souvenu à quel point tout ce qui avait pu me rendre un petit peu intéressant, dans ma vie de petit homme, et même après, venait de mon rapport à ce que je ne pouvais pas obtenir, du futile au moins futile. Et de manière globale, à quel point nous nous définissons non seulement par ce que nous possédons, mais par notre comportement face à ce que nous ne possédons pas.</p>
<p>Rien ne m&rsquo;aurait été plus frustrant, en 1988, qu&rsquo;une bonne fée à mon retour de Rallye Mandelieu vienne m&rsquo;offrir la NES pour jouer à Mario tout mon saoul. Rien ne m&rsquo;aurait été plus frustrant que de découvrir d&rsquo;une traite, sans la limite du chrono, les paysages de l&rsquo;univers de Mario, seul, sans vraiment l&rsquo;avoir cherché.<br />
Si la fascination des territoires 8-bits inconquis de Mario n&rsquo;avaient pas nourri mon imaginaire pendant des nuits, je serais sûrement devenu un autre petit garçon, et par effet papillon un autre homme.</p>
<p>Je n&rsquo;ai pas acheté les cartes aux enchères. Et surtout, la prochaine fois, je veillerai bien à fermer ma gueule. Laisser ma fille mener ses batailles tranquillou avec ses copines, et brandir avec fierté les pokemons roses qu&rsquo;elle gagnera d&rsquo;elle même (même si c&rsquo;est illogique &#8211; prendre le risque de perdre un Blindépique à la bataille pour attraper une Ceriflor, ça me rend encore un petit peu dingue).</p>
<p>Dans l&rsquo;absolu, ma fille n&rsquo;avait rien demandé. Mais tout est bien qui finit bien, car j&rsquo;ai trouvé l&rsquo;extrême sagesse de ne pas céder à cette non-demande. Ca doit être ça, mûrir.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.henrymichel.com/perso/pokemon-deconne/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>9</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Amazon Prime Air</title>
		<link>https://www.henrymichel.com/histoire/amazon-prime-air/</link>
					<comments>https://www.henrymichel.com/histoire/amazon-prime-air/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Henry Michel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Dec 2013 17:27:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.henrymichel.com/?p=2762</guid>

					<description><![CDATA[Un petit conte de Noël écrit sous corticoïdes. La lecture de cette news en préalable est un plus. ______________________ Ils ne frappaient plus à la porte, ils tambourinaient. &#8211; Garcia ! Ouvre, allez quoi, ils vont bientôt arriver ! &#8211; Laissez-moi tranquille bordel ! criai-je à travers l’appartement. C’est fini, c’était une fois, c’est fini [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Un petit conte de Noël écrit sous corticoïdes.<br />
La lecture de <a title="Amazon Drones" href="http://www.lemonde.fr/technologies/article/2013/12/02/des-paquets-livres-par-drones-d-ici-cinq-ans_3523489_651865.html" target="_blank">cette news en préalable </a>est un plus.<br />
<span id="more-2762"></span></p>
<p dir="ltr">______________________</p>
<p dir="ltr">Ils ne frappaient plus à la porte, ils tambourinaient.<br />
&#8211; Garcia ! Ouvre, allez quoi, ils vont bientôt arriver !<br />
&#8211; Laissez-moi tranquille bordel ! criai-je à travers l’appartement. C’est fini, c’était une fois, c’est fini là. Stop. Rentrez chez vous, allez à l’école, je sais pas, merde.<br />
&#8211; C’est les vacances !</p>
<p>Je me raclai la gorge après avoir crié, comme si la résonance de ma voix y avait brisé une mini croûte de sel dégueulasse. Je tentai de me rappeler à quand remontait la dernière fois où j’avais crié. A la victoire des Giants au Superbowl, en 2011 ? Il y a déjà 6 ans ?</p>
<p dir="ltr">Les coups à la porte se multiplièrent.<br />
&#8211; Garcia vieux shnock ! Allez quoi !<br />
&#8211; Je vais tirer à travers la porte si ça continue.</p>
<p>La phrase fit son petit effet pendant une trentaine de secondes, le temps d’enfiler mes mocassins. Puis les coups reprirent.<br />
&#8211; Ils vont me la défoncer.</p>
<p dir="ltr">Depuis le jour où j’avais eu la mauvaise idée de leur montrer le truc, ces gamins avaient pris une place complètement déraisonnable dans mon quotidien. M’obligeant à faire des choses que j’avais soit désapprises en dix-sept ans de veuvage, soit jamais apprises &#8211; comme par exemple, parler à des gamins. Je ne savais pas tellement comment leur parler. Même parler tout court était une chose que j’avais progressivement oubliée. Ca m’allait.</p>
<p dir="ltr">Même jeune je savais à peu de choses près qu’à 70 ans je ne parlerais plus beaucoup. J’étais déjà dans l’économie de mots. Et pourtant je fréquentais des gens à l’époque, même en dehors de l’armée.</p>
<p dir="ltr">&#8211; Garcia ! C’est Hector ! cria le gamin.<br />
&#8211; Qu’est-ce que tu veux que ça me fasse ton prénom ?<br />
&#8211; J’habite en-dessous !<br />
&#8211; Content pour toi !<br />
&#8211; Garcia, ils arrivent dans deux minutes, allez !<br />
&#8211; Je m’en fous.<br />
&#8211; C’est Noël dans 3 jours, merde !<br />
&#8211; L’année dernière j’ai eu que dalle pour Noel ! Des chaussettes toutes pourries avec les Simpson ! ajouta un petit.</p>
<p dir="ltr">Rires derrière la porte.</p>
<p dir="ltr">&#8211; Allez quoi, il va y en avoir plein, reprit Hector.</p>
<p dir="ltr">Mon silence donnait le début de mon approbation. J’ai jeté un coup d’oeil au miroir de la salle de bain, un vieux barbu et maigre comme une trique.<br />
La porte subit une nouvelle salve de coups de paumes, tout l’appartement tremblait.</p>
<p>&#8211; C’est bon, c’est bon, ok. Mais je ne sais pas si je vais réussir. Allez, descendez, magnez-vous.</p>
<p dir="ltr">J’entendis les gamins pousser des hourras, se claquer dans les mains et déguerpir du couloir pour s’engouffrer vers le rez de chaussée en survolant les escaliers. Je ne me souvenais pas non plus de la dernière fois ou plusieurs personne m’avaient acclamé en même temps.</p>
<p dir="ltr">Je me suis penché avec difficulté sous mon lit et j&rsquo;ai pris la mallette pour l’ouvrir. J&rsquo;ai sorti les pièces du XM21 et me suis mis à assembler l’engin. Cette fois les cris des gamins étaient dans la rue. Ils m’appelaient.</p>
<p dir="ltr">&#8211; Dépêche-toi Garcia, ils vont arriver !<br />
&#8211; J’arrive, j’arrive, bande de sales merdeux.</p>
<p dir="ltr">J’ai inséré le chargeur de 20 cartouches, et mis mes lunettes de vue, pour enfin apparaître à la fenêtre comme le pape, sous les acclamations des gosses dans la ruelle dégueulasse.</p>
<p dir="ltr">&#8211; Coucou mes petits lutins, c’est Papa Noël !</p>
<p dir="ltr">J’ai enfilé un anorak, puis j’ai installé mon petit coussin pour m’agenouiller dessus, posé le canon du fusil sur le rebord de la fenêtre et sécurisé mon épaulé. Le réglage de la lunette me rappelait à quel point mes yeux étaient resté intacts. Pas un brin de vent dans New York, miraculeux en plein Décembre.</p>
<p dir="ltr">On les entendit arriver. Un bourdonnement lointain. Depuis l’Est.<br />
&#8211; C’est la première livraison de 9h30 ! cria un petit.<br />
&#8211; Y’en a plein, Garcia ! au moins une cinquantaine ! enchérit Hector.</p>
<p dir="ltr">J’ai dirigé la lunette vers l’horizon pour apercevoir la nuée de drônes.<br />
&#8211; Y’en a bien plus que ça les gars, criai-je par la fenêtre. Y’en a presque cent. Etalés sur cinq cent mètres. On dirait qu’ils font la course.</p>
<p dir="ltr">La carrosserie noire des drones, portant sous leurs pinces les colis en plastique jaune, leur donnaient l’apparence de sales guêpes. Ils avaient des gueules de méchants robots qu’il fallait éradiquer. Je me mis à m’imaginer rappelé au service à 70 ans, en raison de mes exploits passés en opérations, pour lutter contre des putains de guêpes aliens.</p>
<p>Il ne fallait pas que je les abatte trop tôt, sinon ils tomberaient du côté du block d’Edmonton, l’affront suprême pour mes petits blacks de Furney. J’ai calé dans mon viseur le premier de la course. Les paquets étaient tous identiques et de même taille, c’était un peu la loterie.<br />
&#8211; Garcia, il va falloir que tu …<br />
&#8211; Chut ! il doit se concentrer. Il a 30 secondes pour nous en ramener un max. La ferme.</p>
<p dir="ltr">Quand le premier drone a dépassé la tour AT&amp;T, j’ai commencé à tirer. Les 4 premiers coups ne donnèrent rien, deux balles traversèrent une fenêtre de l’immeuble &#8211; on s’en branle. Puis je fis mouche.</p>
<p dir="ltr">La 5e balle explosa deux hélices latérales du premier drone, il tomba en flèche dans la rue sous les cris des gamins, dont une partie du groupe se mit à tracer comme une meute de bassets anglais en direction du tas de ferraille pulvérisé au sol.</p>
<p dir="ltr">Puis j’alignai les tirs. Un deuxième et un troisième drone se fracassèrent l’un dans l’autre et tombèrent enlacés dans un grincement de dentiste, l’hélice du premier fraisant le cul du deuxième.</p>
<p dir="ltr">Les vingt secondes qui suivirent furent les plus importantes. Sous les cris incessants des gamins et le bruit des hélices, dans le vrombrissement de la horde allant crescendo, j’abattis cinq autres appareils. Les opérateurs des drones venaient de comprendre l’embuscade et tentèrent de zizager à travers la ligne d’immeuble, mais y’avait pas meilleur moyen pour m’exciter.</p>
<p dir="ltr">Leur camera ne me voyait pas, certains se mirent à longer ma crète pour survivre, j’aurais pu en buter à la crosse quand le nuage de drones passa dans un vacarme assourdissant devant moi. Derrière leur sillage désespéré, je pus encore planter 5 balles dans leur cul en ferraille. Un des drones s’abattit sur le toit d’une camionnette de fleuriste qui pila en crissant de toutes ses forces.</p>
<p dir="ltr">&#8211; Quatorze ! criai-je à la rue. Il n’y avait plus aucun gamin en bas. Ils étaient déjà en train de courir comme des dératés vers les cadavres fumant des drones.</p>
<p dir="ltr">J’ai posé mon fusil contre le mur et sorti ma pipe électronique en matant à la lunette les gamins ouvrir leurs cadeaux. Certains poussaient des cris de déception en tombant sur des chaussettes ou des foulards en soie. D’autres brandissaient fièrement des jouets ou des tablettes.</p>
<p dir="ltr">Je vis Hector se rediriger vers l’immeuble, portant triomphalement deux caissons jaunes, je ne savais pas ce qu’il y avait dedans, mais des rubans dépassaient en tout cas.</p>
<p dir="ltr">&#8211; Hé Hector !<br />
&#8211; Vous avez été trop fort Garcia ! Tous les matins faut le faire !<br />
&#8211; Nan, nan, ils vont m’envoyer en taule si ça continue. Joyeux Noël.<br />
&#8211; Merci !<br />
&#8211; Et si tu trouves dans des trucs une bouteille de whisky et qu’elle a survécu, je la veux bien. J’ai très envie de boire un coup.</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.henrymichel.com/histoire/amazon-prime-air/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>2</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le loisir français</title>
		<link>https://www.henrymichel.com/lien/le-loisir-francais/</link>
					<comments>https://www.henrymichel.com/lien/le-loisir-francais/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Henry Michel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Jun 2013 18:26:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[lien]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.henrymichel.com/?p=2756</guid>

					<description><![CDATA[Depuis le début du mois de Juin j&#8217;ai entamé une série pour Slate.fr intitulée « Le Loisir français », dans lequel je détaille semaine après semaine les loisirs les plus éloquents de notre beau pays, en complète roue libre. Vous pouvez lire ça ici J&#8217;y prend beaucoup de plaisir, en tout cas un plaisir à écrire que [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis le début du mois de Juin j&rsquo;ai entamé une série pour Slate.fr intitulée « Le Loisir français », dans lequel je détaille semaine après semaine les loisirs les plus éloquents de notre beau pays, en complète roue libre.<br />
<a title="Le loisir français" href="http://www.slate.fr/dossier/52051/le-loisir-francais" target="_blank">Vous pouvez lire ça ici<br />
</a></p>
<p>J&rsquo;y prend beaucoup de plaisir, en tout cas un plaisir à écrire que je n&rsquo;avais pas trouvé aussi intense depuis l&rsquo;époque de Bienbienbien. Enjoy.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.henrymichel.com/lien/le-loisir-francais/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Cannes Cocktail</title>
		<link>https://www.henrymichel.com/video/cannes-cocktail/</link>
					<comments>https://www.henrymichel.com/video/cannes-cocktail/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Henry Michel]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 May 2013 18:03:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[humour]]></category>
		<category><![CDATA[tv]]></category>
		<category><![CDATA[video]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.henrymichel.com/?p=2737</guid>

					<description><![CDATA[J&#8217;ai eu le grand bonheur d&#8217;écrire et présenter pendant le Festival « Cannes Cocktail », un programme court pour Arte.tv, accompagné et produit par mon wingman Bertrand Degove (@delgoff) et assisté de Clément Andréoli (@klem) en docteur en vannes et meilleur passeur de lol de la terre. Pour voir les épisodes, la petite playlist Youtube qui va [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;">J&rsquo;ai eu le grand bonheur d&rsquo;écrire et présenter pendant le Festival « Cannes Cocktail », un programme court pour Arte.tv, accompagné et produit par mon wingman <a title="La Direction" href="http://www.ladirection.fr/" target="_blank">Bertrand Degove</a> (<a href="http://www.twitter.com/delgoff">@delgoff</a>) et assisté de Clément Andréoli (<a href="http://www.twitter.com/klem">@klem</a>) en docteur en vannes et meilleur passeur de lol de la terre.</p>
<p>Pour voir les épisodes, <a title="Playlist Youtube Cannes Cocktail" href="http://www.youtube.com/watch?v=8jknOlrj8kE&amp;list=PLbckDi56NfUhOKGg26GT27lqjrw2B6dJ4" target="_blank">la petite playlist Youtube qui va bien</a>, et <a title="Générique Cannes Cocktail" href="https://soundcloud.com/henry-michel/cannes-cocktail" target="_blank">le générique qui va bien aussi</a>. Et y&rsquo;a aussi <a title="playlist spotify cannes cocktail" href="http://open.spotify.com/user/henrymichel/playlist/7dQlubPqrCa0vhSAJe4KoS" target="_blank">la B.O des 11 épisodes en playlist spotify</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.henrymichel.com/video/cannes-cocktail/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Zanouk</title>
		<link>https://www.henrymichel.com/histoire/zanouk/</link>
					<comments>https://www.henrymichel.com/histoire/zanouk/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Henry Michel]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 May 2013 23:50:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.henrymichel.com/?p=2715</guid>

					<description><![CDATA[Une histoire de tableaux hollandais vendus 500.000 euro.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le petit malaisien se mit à sourire, et plongea la main dans sa veste Ermenegildo Zegna pour en sortir un joint de la taille d&rsquo;un radis noir.</p>
<p><span id="more-2715"></span></p>
<p>&#8211; Zanouk, putain, murmura Jean-Claude.<br />
&#8211; Quoi ? T&rsquo;as un briquet ?<br />
Guéron se pencha sur son bureau Louis XV et chuchota :<br />
&#8211; On est à l&rsquo;Elysée, Zanouk. On n&rsquo;est plus à l&rsquo;ENA, là. Tu peux pas allumer un joint comme ça.<br />
&#8211; T&rsquo;es devenu con, ma parole.</p>
<p>Pendant que Zanouk allumait le bédo, Guéron se recula pour observer son bureau.</p>
<p>&#8211; Je sais même pas s&rsquo;il y a des micros ou des mini caméras ici. Ca me paraitrait dingue qu&rsquo;il y en n&rsquo;ait pas à l&rsquo;Elysée. Ca fait quinze mois que je suis là et je suis encore parano.<br />
&#8211; Parano de quoi ?<br />
&#8211; Ben je sais pas, qu&rsquo;il y ait des micros, que des gens m&rsquo;écoutent tout le temps. J&rsquo;ai pas grand chose à cacher mais ça me stresse. Comme si il y avait une surElysée à l&rsquo;Elysée, avec un surPrésident et une autre équipe qui nous observeraient en permanence.</p>
<p>Zanouk cracha sa fumée en observant le lustre. Il n&rsquo;avait pas pris la moindre ride depuis l&rsquo;ENA, il y a 40 ans &#8211; Guéron se demanda si cela était propre aux malaisiens où si c&rsquo;était une injustice liée à la vie, au fait que Zanouk n&rsquo;avait jamais manqué de rien, avait toujours été riche et que Jean-Claude avait trimé pour en arriver là.<br />
Zanouk lui tendit le joint.<br />
&#8211; Fais gaffe au bureau, maugréa Guéron en saisissant le joint. Je n&rsquo;ai pas fumé depuis dix piges.<br />
Cela revenait vite. Guéron souffla une longue taffe et fit mine de ventiler l&rsquo;air de sa main, comme si l&rsquo;odeur d&rsquo;herbe allait disparaitre sous le simple battement de ses doigts frêles.<em id="__mceDel" style="font-size: 13px; line-height: 19px;"> </em></p>
<p>Le silence régna dans le bureau feutré pendant de longues minutes, Zanouk et Guéron savourant à nouveau le plaisir de cette amitié silencieuse qu&rsquo;ils étaient devenus maîtres à développer pendant leurs années d&rsquo;études. Une paix binôme, une confiance se passant de ces mots que Guéron détestait tant. Ces mots et ces pleurnicheries qui envahissaient son activité professionnelle au quotidien, dans la presse, dans les couloirs de l&rsquo;Elysée, dans la rue. Paradoxal pour un porte-parole d&rsquo;aimer tant le silence.</p>
<p>Au bout d&rsquo;un moment Zanouk brisa le silence.</p>
<p>&#8211; Jicé, tu as toujours tes deux Van Eertvelt ?<br />
&#8211; Les marines ? Bien sûr.<br />
&#8211; Je veux te les acheter. Je veux faire un cadeau à une fiancée. Je veux te les acheter.<br />
&#8211; Ils ne sont pas à vendre.<br />
&#8211; Je ne vais pas te faire le coup de « tout est à vendre ».<br />
&#8211; Non, je t&rsquo;en remercie.<br />
&#8211; Mais tout est à vendre.<br />
&#8211; Pas ces deux marines. C&rsquo;est peut être les deux seuls tableau de ma collection qui ne sont pas des croutes.<br />
&#8211; J&rsquo;y mettrai le prix.<br />
&#8211; Non mais je&#8230;Guéron fit une pause et fixa le lustre à son tour. Il est fort ton pétard.</p>
<p>Zanouk éclata de rire, peut-être même un peu trop fort. Le président allait arriver au Palais dans 10 minutes, retour de visite en Province. Depuis le début de cette conversation Guéron avait déjà répondu à 7 de ses SMS. Il se pinça l&rsquo;arête du nez en inspirant fort la dernière taffe.</p>
<p>Les yeux de Zanouk brillaient.<br />
&#8211; 500 milles.<br />
&#8211; Pardon ?<br />
&#8211; 500 000 euro, bam. On n&rsquo;en parle plus.<br />
&#8211; T&rsquo;es cinglé, ils en valent pas le tiers.<br />
&#8211; Oui mais j&rsquo;en ai besoin. BESOIN. Si tu ne veux pas le faire par amitié, fais le pour la symbolique ! La Malaisie a été occupée par la hollande, c&rsquo;est une belle revanche, un beau retour des choses. Je veux les offrir à ma fiancée. La belge.<br />
&#8211; T&rsquo;es pas avocat pour rien. Va te faire foutre, t&rsquo;es bête, allez, je dois te laisser.</p>
<p>Guéron se leva mais Zanouk l&rsquo;attrapa par le cou pour lui frotter de toutes ses forces le cuir chevelu de son poing.<br />
&#8211; Mais qu&rsquo;est-ce que tu fous Zanouk !<br />
Zanouk riait comme un petit diable. Guéron essayait de se débattre mais, agile et noueux, Zanouk en un basculement de hanche déséquilibra Guéron qui s&rsquo;écroula sur la moquette de son cabinet.<br />
&#8211; Zanouk, putain ! Mais quel gamin !<br />
Zanouk fit une clé de cou à Guéron qui le précipita contre une commode Louis XVI. Le vieux malaisien échappa aussitôt aux mains de Guéron et le renversa à nouveau par terre. Guéron heurta le sol du nez et se plia en deux de douleur.</p>
<p>La porte s&rsquo;ouvrit soudainement et un garde républicain, arme à la main, déboula sur Zanouk. Guéron, nez en sang, échevelé et chemise défaite, intima au garde de s&rsquo;arrêter.<br />
&#8211; Laissez, c&rsquo;est une chamaillerie&#8230; Tout va bien&#8230; C&rsquo;est un vieil ami.<br />
Zanouk éclata de rire en regardant avec défiance le canon de l&rsquo;arme. Il avait l&rsquo;insolence des gens riches.<br />
&#8211; Laissez-moi mettre une branlée à votre patron.<br />
&#8211; Techniquement je suis pas son patron Zanouk. C&rsquo;est un garde républicain.</p>
<p>La température monta d&rsquo;un cran quand le Président de la République apparut derrière le garde.<br />
&#8211; Il se passe quoi, ici ?demanda-t-il avec un mince sourire.<br />
Le garde referma la porte derrière eux. Guéron se releva en se rembraillant.</p>
<p>&#8211; Monsieur le président, Zanouk Batan, un ancien camarade de l&rsquo;ENA.<br />
Guéron se rendit compte que sa main droite pensait toujours tenir un joint. Il décontracta ses doigts en baissant le regard.<br />
&#8211; On allait s&rsquo;enculer, monsieur le président ! dit Zanouk en un clin d&rsquo;oeil.<br />
Guéron s&rsquo;étouffa.</p>
<p>&#8211; Il a de l&rsquo;humour, votre ami, dit le président en hochant l&rsquo;épaule.<br />
&#8211; Oui. Par chance je ne le croise que tous les dix ans.<br />
Guéron se croyait enfin sorti d&rsquo;affaire en indiquant le chemin de la porte à Zanouk d&rsquo;un geste de la main. Mais le petit malaisien, alors au pas de la porte, courut comme un chat et bondit sur le thorax de Guéron qui s&rsquo;écroula sur son bureau en criant, renversant sur son passage stylos, presse papiers, dossiers et ordinateurs.<br />
&#8211; Non mais ça va pas bien, dit le président&#8230;<br />
&#8211; ZANOUK ! Mais arrête putain ! On fait pas ça devant le président ! Sale gamin ! T&rsquo;as 65 ans !<br />
Zanouk se chargea encore de frotter le cuir chevelu de Guéton en riant comme un forcené, prenant le président à témoin de sa suprématie physique sur le vieil énarque.<br />
&#8211; Monsieur le président, il faut le convaincre de me vendre ses tableaux !!<br />
&#8211; JAMAIS ! cria Guéron.</p>
<p>Zanouk défit la ceinture de Guéron et lui baissa jusqu&rsquo;aux chevilles, ses balloches apparurent et Guéron se rhabilla en jurant.<br />
&#8211; Zanouk, barre-toi maintenant, j&rsquo;ai du travail avec le président et tu me fais chier, je te jure que j&rsquo;appelle un garde répu pour te coller une balle dans la t&#8230;<br />
Zanouk s&rsquo;inclina et envoya un coup de mocassin en plein visage de Guéron, qui s&rsquo;écroula à nouveau sur son bureau. Puis le malaisien, en prenant soin de ne pas plus froisser son costume, monta sur la table pour s&rsquo;asseoir à cheval entre les omoplates du porte-parole de l&rsquo;Elysée. Le président riait.<br />
&#8211; Ben battez-vous un peu, Guéron&#8230;<br />
&#8211; Monsieur le président, c&rsquo;est un minus, il est très agile.</p>
<p>Zanouk  se saisit de l&rsquo;oreille de Guéron et la tourna comme s&rsquo;il démarrait une Harley. Guéron hurla. Zanouk se pencha vers l&rsquo;oreille et insista :<br />
&#8211; Vends moi tes deux putains de marines ou je te dépèce à l&rsquo;ouvre-lettres.<br />
&#8211; NON !<br />
&#8211; 500.000 euro. En cash si tu veux.<br />
&#8211; En cash ? Tu es fou ! Si ça se découvre j&rsquo;aurai toute les peines du monde à justifier 500.000 pour ces deux croutes !<br />
&#8211; File-moi ton rib de plouc alors, et file-moi tes deux tableaux.<br />
&#8211; Non !</p>
<p>Zanouk tourna l&rsquo;oreille de 20 degrés supplémentaires. Guéron hurla de plus belle.<br />
Le président s&rsquo;impatientait en envoyant des textos.</p>
<p>&#8211; Bon Guéron, votre ami est formidable, mais décidez-vous là. On a du boulot.<br />
&#8211; T&rsquo;entends le président ? dit Zanouk.  Vous avez du boulot ! Redresser la France tout ça ! Vends-moi tes tableaux !<br />
&#8211; Non !<br />
&#8211; Tu vas me les vendre tes deux croutes.<br />
&#8211; Non !</p>
<p>Zanouk tourna encore l&rsquo;oreille, la rotation devenait vraiment inhumaine.<br />
&#8211; Alors, tu me les vends ?</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.henrymichel.com/histoire/zanouk/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>2</slash:comments>
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>