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	<title>Raymond Cicurel</title>
	
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	<description>Tu feras ce qui est juste et bien aux yeux du Seigneur</description>
	<pubDate>Wed, 14 Apr 2010 14:42:57 +0000</pubDate>
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		<title>Entretiens avec Raymond Cicurel</title>
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		<pubDate>Wed, 14 Apr 2010 14:34:23 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Il y a quelques années, José Boublil avait interviewé Raymond Cicurel. Ces entretiens ont été filmés par Michel Benhamou et sont disponibles sur YouTube, totalisant près d&#8217;une heure d&#8217;enregistrement. Les voici (pour passer à la vidéo suivante, cliquer sur les < ou > de part et d&#8217;autre de la vidéo).

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			<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a quelques années, José Boublil avait interviewé Raymond Cicurel. Ces entretiens ont été filmés par Michel Benhamou et sont disponibles sur <a href="http://www.youtube.com/user/CicurelFamily" target=_blank>YouTube</a>, totalisant près d&#8217;une heure d&#8217;enregistrement. Les voici (pour passer à la vidéo suivante, cliquer sur les < ou > de part et d&#8217;autre de la vidéo).</p>
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		<title>Une blague pour commencer</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Jun 2009 13:00:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[Vous pouvez désormais retrouver quelques extraits de l&#8217;interview vidéo de Raymond Cicurel enregistrée chez lui il y a quelques années par José Boublil. Ces vidéos sont publiées sur YouTube. Comme c&#8217;était souvent le cas avec Raymond, tout commence par une blague. En voici donc une première en guise d&#8217;introduction.

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			<content:encoded><![CDATA[<p>Vous pouvez désormais retrouver <a href="http://www.youtube.com/user/CicurelFamily" target="_blank">quelques extraits de l&#8217;interview vidéo de Raymond Cicurel</a> enregistrée chez lui il y a quelques années par José Boublil. <a href="http://www.youtube.com/user/CicurelFamily" target="_blank">Ces vidéos sont publiées sur YouTube</a>. Comme c&#8217;était souvent le cas avec Raymond, tout commence par une blague. En voici donc une première en guise d&#8217;introduction.</p>
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		<title>Quelques mots prononcés lors de la cérémonie des Chelochim</title>
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		<pubDate>Mon, 23 Feb 2009 11:22:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[ 
Le rav Samson Raphaël Hirsch, un rabbin orthodoxe du XIX ème siècle qui essayait de concilier judaïsme et modernité, a écrit que les gens qui éprouvent un très grand chagrin ont une impression physique de vide intérieur et que c’est là que réside leur plus grande douleur car le besoin essentiel de toute personne, c’est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p><a title="Samson Raphael Hirsch" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Samson_Raphael_Hirsch" target="_blank">Le rav Samson Raphaël Hirsch</a>, un rabbin orthodoxe du XIX ème siècle qui essayait de concilier judaïsme et modernité, a écrit que les gens qui éprouvent un très grand chagrin ont une impression physique de vide intérieur et que c’est là que réside leur plus grande douleur car le besoin essentiel de toute personne, c’est d’avoir un sentiment de plénitude.</p>
<p>Vide intérieur, impossibilité de mettre en mots, mémoire paralysée. Autant de choses qui auraient pu me conduire à ne pas prendre la parole aujourd’hui.</p>
<p>Et pourtant je voulais quand même dire quelques mots, simplement pour vous dire merci car au cours de ces jours si douloureux, ce sont vos paroles, vos mots, à chacun, à chacune d’entre vous, qui nous ont rendu des parcelles de plénitude. </p>
<p><span id="more-14"></span></p>
<p>Vous entendre parler de l’étincelle qui s’est allumée en vous en découvrant son approche de la Loi qui pour être rigoureuse, comme l’a rappelé Meyer tout à l’heure, n’en était pas moins douce, une loi qui accueille, qui sourit et jamais ne juge.</p>
<p>Se rendre compte, au hasard des conversations, que les synagogues qu’il affectionnait le plus, comme celle où nous nous trouvons aujourd’hui, avaient la particularité de ne pas avoir de rabbin : certainement pas un fait fortuit.</p>
<p>Entendre le rabbin Mendy Azimov, fils de son grand ami le Rav Moulay Azimov, fondateur des Jeunesses Loubavitch en France, qui nous a accompagné tout au long de ce deuil, et que je veux remercier car j’ai aussi compris à travers lui ce que papa aimait tant chez les Loubavitch : cette faculté d’écoute, de compréhension de l’autre, cette insistance sur l’essentiel, entendre donc Mendy nous rappeler que papa était le seul à avoir obtenu la clef de l’arche sainte où se trouvent les rouleaux de la Tora au local des Loubavitch et à être capable de former un mynian (c’est à dire un groupe de dix hommes) en quelques minutes quelle que soit l’heure où il arrivait.</p>
<p>Apprendre toujours de Mendy, qu’un rabbin parisien a commencé à mettre les tephilines avec papa, quand il était élève à l’ENIO.</p>
<p>Entendre cette amie israélienne nous rappeler que son mari, violemment anti-religieux, pathologiquement devrais-je dire, avait succombé à papa quelques minutes après l’avoir rencontré et consenti à tendre son bras pour se faire mettre les tephilines expliquant à son épouse qui ne s’en est toujours pas remis, qu’à un homme qui a un tel regard, on ne peut rien refuser. </p>
<p>Comprendre, grâce au <a title="Le Grand Rabbin de France Gilles Bernheim" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Gilles_Bernheim" target="_blank">Grand rabbin Gilles Bernheim</a> que sa force de conviction, d’attraction, tenait au fait qu’il assumait l’ensemble de ce qu’il avait été, l’ensemble de son parcours, la vie avant la Torah et la vie après la Tora, comme Avraham était resté Avraham après la révélation. Du coup, la religion n’apparaissait pas comme une injonction de rupture, une obligation de renoncer à ce que l’on est profondément et ne faisait pas peur.  A y réfléchir je me dis que c’est probablement là que reside la ligne de partage entre une religion authentique qui permet de faire le lien de soi avec soi et l’intégrisme. </p>
<p>Entendre parler de cette manière bien à lui de venir en aide aux autres, sans jamais rien attendre en retour, avec ce naturel, cette “légèreté” devant les choses graves, cette discrétion dont vous avez été si nombreux à parler car on ne sait qu’une partie de tout ce qu’il a fait pour les autres. Or ce n’est pas facile, non vraiment pas facile de faire le bien sans le faire savoir. Mais papa le faisait avec tant de naturel que cela semblait facile. Maintenant qu’il n’est plus là et que certains nous disent que c’est à nous de reprendre le flambeau, je me sens devant une montagne insurmontable. Il n’a pas laissé de mode d’emploi. Et je repense à ce qu’il disait de la composition  musicale : les passages qui semblent les plus naturels sont les plus travaillés. </p>
<p>Comment est-il parvenu à ce degré le plus haut de la Tsedaka, purement gratuite, dont on attend rien en retour ?</p>
<p>D’où lui venait cette obstination à vouloir aider mais aussi ce pouvoir d’aider car il ne suffit pas de le vouloir, il faut aussi le pouvoir. Un exemple parmi des centaines : je pense à cet ami qui ne l’avait croisé qu’une fois. Papa ayant appris qu’il a perdu son père et est tout désemparé, me demande son numéro de téléphone. Je ne sais ce qu’il lui a dit mais cet ami dit avoir été porté par cette conversation pour surmonter cette épreuve.</p>
<p>Cette obstination se traduisait dans la vie de tous les jours. Quand maman organisait un déjeuner à la maison, il lui disait toujours “place-moi à côté de celui ou celle qui pourrait être le plus timide ou risque de se sentir le moins à l’aise”. </p>
<p>Entendre Gilles Bernheim confier, d’une voix pudique, comme s’il trahissait un secret, que parmi les personnes les plus désemparées auxquelles il a été amené à porter secours en tant que rabbin, nombreuses sont celles qui ont murmuré le nom de Cicurel comme celui qui était leur dernière bouée de sauvetage. Gilles Bernheim et lui étaient collègues de travail. Et papa ne le savait pas lui-même. </p>
<p>Cela s’explique probablement par le fait que papa comprenait en profondeur ce que signifiait le mot <a href="http://tsedaka.fsju.org/" target="_blank">Tsedaka en hébreu</a>, non pas charité mais “justice”. Il aimait rappeler qu’en aidant quelqu’un dans le besoin, on ne fait que rétablir un équilibre rompu. Et cela n’appelle aucun commentaire. Papa s’attachait à faire la Tsedaka dans son acception la plus haute, selon <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Mo%C3%AFse_Ma%C3%AFmonide" target="_blank">Maïmonide</a>, tenter de rendre à quelqu’un son autonomie, lui donner du travail. Il n’ a cessé de s’y atteler, inlassablement, remettant les personnes qu’il aidait sur le cheval, une fois, deux fois, cent fois s’il le faut sans jamais perdre espoir. </p>
<p>Et là j’en viens peut-être à l’essentiel. Sa foi en l’être humain. Pas une conviction abstraite. Il voyait le meilleur en chacun d’entre nous et c’est ce qui faisait qu’il nous révélait à nous-même comme tu l’as si bien dit Anne Marie. Si nous nous sentons tous orphelins aujourd’hui, c’est peut-être parce que nous sommes brutalement privés du regard bienveillant qu’il portait sur nous et qui nous donnait foi en nous-mêmes.</p>
<p>Son départ est le premier chagrin dont il ne pourra nous consoler.</p>
<p>Encore que cela ne soit pas tout à fait juste car c’est en pensant à lui que se sont imprimés sur nos lèvres les premiers sourires depuis son départ car le simple fait d’évoquer son souvenir fait ressurgir son sourire, son humour, sa malice bienvaillante, son sens de l’absurde, sa culture, sa manière unique de raconter des blagues : sans jamais être théâtral. Avec une expression, un plissement des yeux, un mouvement des lèvres, c’est tout un monde qui jaillissait sous nos yeux.</p>
<p>Je voudrais terminer sur cette parole d’une amie, que je ne pense pas être particulièrement croyante et qui m’a dit : il n’est pas parti, il fait partie de ces êtres éternels qui ne peuvent pas partir. </p>
<p>Cette éternité, chacun lui donnera un sens différent.</p>
<p>Cette éternité, c’est sa musique, que nous allons faire vivre.</p>
<p>Cette éternité ce sont les souvenirs que nous gardons de lui, l’exemple qu’il laisse, en particulier à ses petits-enfants dont il était si fier : Frank, Philippe, Debora, Sam, Elsa, Judith, Lila, Noam et Eve “<em>Allez jusqu’au bout de vous-mêmes. Soyez authentiques, à la recherche d’un absolu, ne gâchez pas vos talents. Trouvez votre voie et allez jusqu’au bout. Et, surtout, n’oubliez pas de toujours être attentifs à ceux qui vous entourent</em>.”  </p>
<p>Mon dernier mot va à maman. Tant qu’il a pu parler, c’est à dire jusqu’aux tous derniers jours, papa m’a demandé de te remercier encore et encore pour tout ce que tu as fait pour lui. Alors, même si je l’ai déjà fait, je le fais une fois de plus car ce ne sera jamais suffisant à ses yeux. </p>
<p>Ilana Cicurel</p>
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		<title>Témoignages</title>
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		<pubDate>Fri, 19 Dec 2008 00:13:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Témoignages]]></category>

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		<description><![CDATA[« Chère Francine, je tiens à vous redire encore toute mon amitié et aussi vous remercier de m&#8217;avoir invitée chez vous pendant la fête de Souccot car j&#8217;ai  pu alors parler avec  Raymond  et mieux découvrir  toute sa bonté et son humour, sa grande sagesse  aussi.  Je  vous  embrasse. »
Catherine Chalier, Paris
 
« Chère Francine, Raymond [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>« Chère Francine, je tiens à vous redire encore toute mon amitié et aussi vous remercier de m&#8217;avoir invitée chez vous pendant la fête de Souccot car j&#8217;ai  pu alors parler avec  Raymond  et mieux découvrir  toute sa bonté et son humour, sa grande sagesse  aussi.  Je  vous  embrasse. »</p>
<p><em>Catherine Chalier, Paris</em></p>
<p> </p>
<p>« Chère Francine, Raymond CICUREL était un puits de science et un monument du judaïsme. Que D. le repose en paix. »</p>
<p><em>Jacques Benhamou, Paris</em></p>
<p><span id="more-6"></span></p>
<p>« Je voulais te dire que je suis  heureuse d&#8217;avoir fait la connaissance de Raymond chez toi, de pouvoir associer un visage à son nom. J&#8217;avais été très frappée par sa courtoisie, sa très grande douceur, cette relation très forte  qui le liait à toi et à  Ilana et  qui était perceptible au premier regard. »</p>
<p><em>Anny Dayan Rosenman, Paris</em></p>
<p> </p>
<p>« Raymond était un modèle pour beaucoup d&#8217;entre nous, de l&#8217;ENIO ou d&#8217;ailleurs, et pour moi un &#8220;Rav&#8221;.Un exemple de gentillesse, de souci des autres- parfois trop, parfois sans se soucier de lui-même, ou de ses plus proches, sans compter le temps, ni la fatigue-, de générosité dans tous les sens du terme, de fantaisie et de tendresse.</p>
<p>Raymond, c&#8217;est pour beaucoup d&#8217;entre nous, le très gentil &#8220;grand méchant loup&#8221; des enfants du gan, qui ne l&#8217;oublieront jamais. C&#8217;était le valeureux qui s&#8217;extirpait de sa fatigue pour aller poser les tephilines aux jeunes qui l&#8217;attendaient ici et là; celui qui courait d&#8217;une synagogue à l&#8217;autre pour trouver une main à secourir, un homme ou une femme dans la souffrance; parfois même des gens difficilement fréquentables, à qui il trouvait toutes les circonstances atténuantes. Il a apporté de la lumière dans ce monde.</p>
<p>Raymond, c&#8217;était aussi un poète, une âme pure, la sensibilité faite homme. Ce nom de &#8220;Rahamim&#8221; lui allait tellement bien.</p>
<p>C&#8217;était un vrai juif, de la plus grande lignée; et son départ est une perte immense pour tous. Que son souvenir soit une bénédiction, et qu&#8217;il repose avec les grands Tsaddikims de son rang,</p>
<p>Avec notre très profonde amitié et notre affection,</p>
<p>Nous pensons à Ilana et Jeremy, et à ses petits enfants qu&#8217;il aimait tant. »</p>
<p><em>José et la famille Boublil, Israel</em></p>
<p> </p>
<p> </p>
<p>Je n&#8217;oublierai pas sa silhouette courbée, son écharpe toujours autour du cou, et sa démarche pressée, même si souvent il arrivait en retard, d&#8217;après tes dires. Toujours souriant, aimable, même en étant distrait, prêt à parler de notre signe astrologique- il y croyait beaucoup. On dit que chaque homme est un être unique, et ceci est encore plus vrai en ce qui le concerne. Raymond était et restera un être unique.</p>
<p>Raymond est une figure inoubliable. Nos souvenirs datent du Gan de madame Gordin quand de temps à autre il venait chercher les enfants.  Myriam, ma fille, garde l&#8217;image d&#8217;un papa qui faisait rire, alors que le sien faisait peur aux petits copains.</p>
<p><em>Lucille Deutsch, Paris</em></p>
<p> </p>
<p> </p>
<p>Raymond était pour moi un juif de cœur et non seulement de cerveau.</p>
<p>&#8220;Tu feras ce qui est juste et bien aux yeux du Seigneur&#8221; (Devarime 6.18)</p>
<p>Cette phrase s&#8217;applique parfaitement à lui. Il s&#8217;agit en effet d&#8217;un ensemble de lois non écrites et que l&#8217;homme doit sentir dans sa conduite de tous les jours. Il l&#8217;a senti, il a agi en conséquence.</p>
<p><em>Emeric Deutsch, Paris</em></p>
<p> </p>
<p>I have so many memories of him over all those years of “Jewish” Christmas’s at Genevieve’s. As I told her, I always imagined that the Jewish patriarchs of old were like Raymond – I told him so once and he was very amused.</p>
<p><em>Steve Cohodes, New York</em></p>
<p> </p>
<p> </p>
<p>Je suis désole d&#8217;apprendre le décès de Raymond, un homme bon et intelligent, qui a toujours été si accueillant envers mon père et moi.</p>
<p><em>Paul Cicurel, New York</em></p>
<p> </p>
<p>Inutile de dire ma profonde tristesse, et au même temps grand bonheur d&#8217;avoir pu connaître cet être exceptionnel.</p>
<p><em>Jay Gottlieb, Paris</em></p>
<p> </p>
<p> </p>
<p>Je garde en effet de votre père un souvenir très profond quand, voici 12 ans, dans des circonstances semblables à celles que vous vivez aujourd&#8217;hui, il eut pour moi et ma famille des paroles inoubliables de réconfort. Raymond était un homme lumineux d&#8217;intelligence et d&#8217;humanité. Vous avez eu une chance immense de l&#8217;avoir pour père et je suis certain que, là où il est, il continuera toujours à veiller sur vous.</p>
<p><em>Laurent Vigier, Paris</em></p>
<p> </p>
<p> </p>
<p>Cher Jeremy. Je n&#8217;ai qu&#8217;une seule fois eu l&#8217;occasion de croiser ton père, mais j&#8217;avais bien saisi en revanche à quel point il possédait une personnalité hors du commun, marquante notamment par son altruisme et sa générosité - son talent aussi sans doute.  </p>
<p>Je sais aussi ce qu&#8217;il représentait pour toi et à quel point tu l&#8217;admirais et y étais attaché.  </p>
<p>Sans l&#8217;avoir connu directement, mais seulement à travers toi, ton père représente quelque chose d&#8217;important et de particulier pour moi, comme un modèle d&#8217;humanité et une façon rare, droite et empreinte de bonté, de vivre sa religion.  </p>
<p>Ce sont aussi des souvenirs heureux auxquels l&#8217;évocation de votre famille me renvoie, et une période de ma vie assez douce.</p>
<p><em>Julie Temkine, Paris</em></p>
<p> </p>
<p>« Lorsqu&#8217;il proposait de mettre les tephilin a l&#8217;ENIO il annonçait « bonbons, chocolats glacés, tephilin »</p>
<p>&#8211;</p>
<p>Il allait le vendredi soir au mikve de rachi-shul (le 9eme) et rentrait a pied.</p>
<p>Une fois vous l&#8217;attendiez et il n&#8217;arrivait pas : il s&#8217;était endormi dans les escaliers vers le neuvième étage</p>
<p>&#8211;</p>
<p>On fête l&#8217;anniversaire de Jéjé (~14 ans) en allant - tous les copains - voir un film.</p>
<p>Au retour on rencontre ton père dans la rue. Il avait trouvé le journal Le Monde dans les poubelles [il ne voulait pas financer ces anti-israéliens]. Il voit toute la bande de potes et nous embrasse un par un. Nous nous mettons en fil indienne et l&#8217;embrassons l&#8217;un après l&#8217;autre. Lorsqu&#8217;il finit d&#8217;embrasser la rangée il recommence et tout le monde s&#8217;éclate de rire.</p>
<p>&#8211;</p>
<p>Il nous raconte sa rencontre avec M. Chouchani. Chouchani lui pose une colle  -  celle de Chimchon  -מֵהָאֹכֵל יָצָא מַאֲכָל, וּמֵעַז, יָצָא מָתוֹק  choftim 14 14. Raymond sait la réponse, puis ils discutent des heures en marchant autour d&#8217;un lac.</p>
<p>&#8211;</p>
<p>Il a dit du bien de l&#8217;Amérique parce que figure &#8220;in God we trust&#8221; sur le dollar et parce qu&#8217;il nous fournissait des F-16</p>
<p>&#8211;</p>
<p>Il nous demandait tout le temps si on avait &#8220;mis les teph&#8221;</p>
<p>&#8211;</p>
<p>Il y a tellement d&#8217;émotions qui surgissent lorsque je pense a Raymond alors sans réfléchir les premières sont une grande jeunesse, une fraicheur, une sensibilité, un humour, un sourire. »</p>
<p><em>Binyamin Cohen, Israel</em></p>
<p> </p>
<p> </p>
<p>Even with the short amount of time we spent with your father, we knew him to be a wonderful man, filled with middos tovos and sharp insight.</p>
<p><em>Allan Binder, New York</em></p>
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		<title>Hommage à Raymond Cicurel</title>
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		<pubDate>Fri, 19 Dec 2008 00:00:19 +0000</pubDate>
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Je voudrais d’abord expliquer à ceux qui sont ici aujourd’hui que c’est au nom de l’amitié qui unit nos deux familles que je vais dire ces quelques mots, à ta demande, chère Ilana, et j’en suis très émue ; des liens qui vont au-delà d’une amitié, bien sûr, puisque nous partagions aussi, cher Raymond, chère [...]]]></description>
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<p>Je voudrais d’abord expliquer à ceux qui sont ici aujourd’hui que c’est au nom de l’amitié qui unit nos deux familles que je vais dire ces quelques mots, à ta demande, chère Ilana, et j’en suis très émue ; des liens qui vont au-delà d’une amitié, bien sûr, puisque nous partagions aussi, cher Raymond, chère  Francine, les mêmes petits enfants.</p>
<div>
<p>Ce que je vais donc essayer d’exprimer,  c’est, je crois, d’abord ce que vous savez et ressentez tous : que Raymond fut un être d’exception ; un personnage, un vrai personnage, comme il nous est donné dans la vie d’en rencontrer très peu. </p>
<p>Ce que j’observe d’abord aujourd’hui, nous qui sommes ici ensemble, alors que nous n’avons pas eu le temps de prévenir tous ceux qui ont connu Raymond, c’est que nous sommes très nombreux et en même temps  très divers.</p>
<p>Or, aussi bien ce nombre que cette diversité illustrent ce que fut Raymond : l’homme des rencontres, nombreuses, différentes, l’alchimiste des relations humaines, dans ce qu’elles avaient de plus inattendu et d’insolite.</p>
<p><span id="more-11"></span></p>
<p>Ce jeune homme né dans une grande famille juive d’Egypte - Ah !les fameux grands magasins Cicurel du Caire !- puis arrivé en France, resta toute sa vie un citoyen du monde.</p>
<p>En fait, il était un monde à lui tout seul. Et j’espère que ceux qui sont ici retrouveront dans mes paroles le Monsieur Cicurel, le Raymond, leur Raymond, celui qu’ils connaissaient, qu’ils ont aimé et qui les a aimés, avec ses différentes facettes qui, comme je l’ai dit d’emblée, faisaient de lui un homme d’exception.</p>
<p>C’était d’abord un homme qui avait un amour de la vie, un amour  bien sûr du judaïsme et du peuple juif, un  vrai amour de la jeunesse, un amour des enfants et des petits enfants.</p>
<p>A l’ENIO, chacun se souvient comment il mettait les tefilin aux élèves, au grand dam parfois des professeurs dont les élèves arrivaient, de ce fait, avec quelques minutes de retard en classe. Mais Raymond était celui à qui l’on ne résistait pas. Il m’a d’ailleurs raconté qu’une fois, non loin de la rue des Rosiers ou de la rue Pavée, il avait abordé dans la rue un passant auquel il avait proposé de mettre les téfilin. Celui–ci lui expliqua, en souriant, qu’il n’était pas juif. Raymond lui répondit que ce n’était pas grave et qu’il ne lui était pas interdit de les mettre même si bien sûr, à la différence d’un juif, il n’y était pas obligé…… et il enfila donc les « tef » au bras de ce passant curieux….et conquis !</p>
<p>Son judaïsme était lumineux, irradiant, libre. Il avait cette ferveur très spéciale d’être à la fois tout à fait fidèle aux règles et rites du judaïsme, et en même temps une façon de laisser chacun trouver sa propre voie. Car, ce qui lui importait, me semble-t-il, c’est que chacun, en respectant ces règles et ces rites, soit surtout heureux de croire dans les préceptes de la Thorah.</p>
<p>Tout un monde, Raymond l’était, en effet, parfois même de façon contradictoire : tout à la fois précis, rationnel, raisonneur et en même temps mystique, poète. En fait, il était toujours différent. Différent, même de sa famille des « louba » à laquelle il se sentait pourtant appartenir. Chacun se souvient, par exemple, de son pas pressé quand il courait à l’office pour être à l’heure, ce qui était très rare. La plupart du temps, il avait raté l’heure de l’office … et c’était donc l’office qui se mettait à son heure. Comment ? Tous racontent qu’avec seulement un homme assis, caché dans un coin de la synagogue, en quelques gestes et un sentiment de confiance qui n’appartenait qu’à lui, le mynian nécessaire à la prière se formait, comme par enchantement. Raymond était, disaient même certains, celui qui, au sein du peuple juif, était capable,  dans n’importe quelle situation, la plus désespérée soit-elle, de vous réunir un minyan !</p>
<p>Un homme d’exception ai-je dit quelques instants plus tôt ? Mais à qui d’autre a-t-on jamais donné la clé de l’armoire du Séfer Thorah pour que, quelle que soit l’heure, il puisse prier ?</p>
<p>Ce qui caractérisait aussi Raymond dans sa façon de transmettre  le judaïsme, c’était  sa force de conviction empreinte de douceur ; force et douceur, étrange paradoxe qui n’appartenait qu’à lui : exigeant pour lui-même, indulgent pour autrui, il était tellement, pleinement bienveillant.   </p>
<p>D’où lui venait cette bienveillance ? Je ne sais pas. Etait-ce le souvenir de son père assassiné en Egypte quand il avait six ans et le traumatisme de cet assassinat ? En tout cas,  cet engagement auprès de ceux qui étaient dans la détresse, le besoin, le deuil  ne le quitta jamais ; il trouvait toujours les mots justes pour consoler, rassurer ceux qui étaient endeuillés. Il saurait encore, j’en suis sûre, le faire aujourd’hui mieux que personne. </p>
<p>Mais Raymond, s’il savait trouver les mots, ne s’en contentait pas : il incarnait, nous le savons tous, la Tsédaka : la générosité. La générosité la plus exemplaire, c&#8217;est-à-dire anonyme d’abord, celle qui consiste à donner sans faire savoir ni afficher qu’on donne,  celle qui conduit à ne jamais faire ressentir à celui qui reçoit qu’il est dans le  besoin, ni qu’on lui est supérieur parce qu’on est celui qui donne.</p>
<p>Raymond  poussait même très loin cette générosité : il faut savoir, par exemple, que même lorsqu’on le sollicitait avec « houtzpa », voire agressivité, quand celui qui quémandait considérait que c’était un « dû », même quand il savait qu’on abusait de lui, Raymond donnait toujours, généreusement, car il considérait toujours que le don était ce qui comptait !  </p>
<p>Cette authenticité dans l’acte généreux, on la retrouvait aussi dans tous ses gestes quotidiens  et chacun se souviendra, par exemple, quand il priait,  de la façon dont il récitait le chema : détachant chaque syllabe, chaque mot, lentement ; alors  « Ecoute Israel », se chargeait de tout son sens, et lorsque je l’entendais, c’est comme si j’entendais le dialogue personnel qu’il avait  avec Dieu, un dialogue permanent, jamais interrompu. Il priait comme personne d’autre et l’intensité que l’on percevait dans sa relation avec Dieu  le rendait, une fois encore, singulier : on avait alors le sentiment qu’en se confiant au Dieu d’Israël, il nous confiait tous aussi à lui.</p>
<p>Mais pour revenir à la bonté qui le caractérisait et qui était étonnante, je me suis souvent demandé ce qui l’avait rendu ainsi. Il y avait comme une contagion de la bonté quand on était près de lui.  Etait-ce naturel ? Inné ? Je ne sais pas et je me suis parfois interrogée  si ce n’était pas un reflet de son angoisse, une façon d’exorciser le mal, le geste de l’assassin de son père, comme si par cette contagion du bien, par l’exemple du bien qu’on donne, on peut même dévier la main de l’assassin.</p>
<p>Il n’aimait pas évoquer son enfance ni parler beaucoup de son parcours personnel qui l’avait peu à peu tellement rapproché du judaïsme ; et quand il en parlait, alors il rappelait souvent l’importance de sa rencontre avec ce fameux Monsieur Chouchani, ce personnage mystérieux et si érudit qui avait disparu comme il était arrivé et dont Emmanuel Levinas parle aussi comme de l’un de ses maitres.  </p>
<p>Et puisque j’évoque le nom de l’une des personnalités qui l’ont beaucoup  marqué au plan du judaïsme, il me faut évidemment mentionner une autre personnalité qui illustre cette deuxième facette de Raymond : la musique. Sa rencontre avec Nadia Boulanger, l’une des grandes dames de la musique et du piano du XXème siècle  fut, on le sait déterminante ; et Raymond  devint, tout au long de ces 25 années de relations de musique, disait-elle ou disait-il, je ne sais plus,  «son élève préféré ».  Tous ceux qui ont connu Raymond musicien savent sa passion pour la musique contemporaine et le jazz. Mais les autres savent-ils qu’il fut, dans sa jeunesse, un excellent joueur de trompette, le célèbre trompettiste  de jazz  Raymond, alias « Ray Cicurel » compagnon de  Django Reinhardt et Stéphane Grappelli ? Et l’on comprend mieux, j’en suis sûre, pourquoi Raymond, au moment de Kol Nidréi où à la fin de Kippour ou de Roch Hachana,  sonnait du Shofar avec une telle force, élégance et facilité.</p>
<p>Sait-on aussi que Raymond devint compositeur, fervent d’une musique abstraite, moins sérielle que, comme il aimait la définir  par ce mot pour moi, je l’avoue, mystérieux,   « matricielle » ? En tous les cas, abstraite et d’où le moi s’effaçait, comme il s’effaçait dans sa relation à autrui ou précisément c’était autrui qui comptait d’abord.</p>
<p>Ses relations avec ses amis musiciens étaient cette autre facette que Raymond cultivait avec joie, de jeunes musiciens souvent avec lesquels très vite se nouait, au fil des ans, une affectueuse complicité ; de sorte qu’ avec les jeunes gens ou jeunes filles qui l’entouraient, la différence d’âge ne comptait plus  du tout : ils étaient tous entre copains et peu importait que l’un des copains ait soixante quinze ou quatre vingt deux ans et l’autre  vingt ou trente ans . </p>
<p>Cette passion pour la musique  était complétée par son goût plus large pour l’art et la beauté qu’il partageait avec ses deux sœurs : Rosie, trop tôt disparue et Lily dont les tableaux ornent encore les murs de sa maison et dont il était si fier : je me souviens avoir ri quand il me racontait l’histoire de sa réplique à Pierre Mendès France, son beau frère, qu’il avait accusé de ne pas suffisamment admirer les peintures de son épouse, Lily, sa sœur, à sa juste valeur. Il avait, en effet, demandé avec un brin d’ironie à Pierre Mendès France s’il se souvenait du nom du ministre des finances hollandais à l’époque de Rembrandt !</p>
<p>Ami de tant d’entre vous ici présents, confident de tant d’autres, Raymond avait bien sûr aussi un grand amour pour les siens, pour tous les siens, ses neveux, ses petits enfants, ses enfants, tous ses enfants, vous quatre qui êtes ici ensemble : je pense aussi, comme beaucoup de vos amis, bien sûr à Liora qui repose non loin d’ici et dont la mort, si tôt, fut une douleur intime qu’il partagea avec toi Francine et que vous avez porté en silence. </p>
<p>Mais à vous Michel, David, Jérémie et Ilana, je veux vous dire combien il était fier de vous, combien il vous aimait, de la même façon, avec la même tendresse ; et lorsque la vie  l’a éloigné de vous, je sais qu’il en  souffrait, même s’il ne trouvait pas toujours les mots pour vous le dire. Je sais aussi combien il était heureux de voir votre fratrie reconstruite et combien, ma chère Ilana,  il t’en était reconnaissant, toi qui en as été le ciment magique.  Vous savez tous combien il espérait, au plus profond de son cœur, que vos liens, votre affection s’approfondiraient  et se poursuivraient entre ses neufs petits enfants : Franck, Philippe, Déborah, Sam, Elsa, Judith, Laila, Noam  et la toute dernière petite Eve.  Il souhaitait de toute son âme, chers Michel, David, Jérémie et Ilana que vos enfants, se sentent heureux, au sein de cette fraternité familiale, qui fait , je pense, le premier tissu de toute société.</p>
<p>Ce père exceptionnel, vous l’avez entouré de votre tendresse, à la maison, jusqu’à ce qu’il s’endorme et qu’il ne puisse plus vous remercier, comme il aimait à le faire, de votre gentillesse et des soins  dont vous l’entouriez. De sa gentillesse, vous avez tous les quatre hérité !  D’autres qualités sans doute aussi, mais votre père vous a légué particulièrement sa sérénité, son charisme,  sa générosité, son amour du judaïsme et, plus que tout encore, son amour d’Israël. Et de vous voir ses héritiers pour ce qu’il considérait essentiel, sachez combien cela le remplissait de bonheur et de fierté. </p>
<p>Je voudrais aussi dire deux mots à mon fils David que l’émotion a conduit à renoncer à dire ce que je viens de dire, autrement. Je sais combien Raymond a été pour toi un exemple, combien, en partageant depuis ton enfance avec ton ami Jérémie, son intimité, tu as eu la chance de grandir, de mûrir, accompagné non seulement de l’exemple et des conseils de ton père mais entouré de l’affection enrichissante de celui qui est devenu, à sa plus grande joie, ton beau-père.</p>
<p>Cher Raymond, je sais combien tu as été heureux de lui donner ta fille ; tu sais combien nous avons considéré un privilège d’accueillir  Ilana.  Tu étais un grand-père comblé et je ne peux oublier ton sourire radieux et ingénu quand tu disais  en parlant de tes neuf petits enfants : « je savais que je les aimerais mais je ne savais pas que je les aimerais autant ». </p>
<p>Je voudrais enfin terminer , ma chère Francine, mon amie, en m’adressant à toi et ce qui n’est pas, tu le sais, tu l’entends, facile.  Car différent dans tous les domaines, nous savons bien que Raymond le fut aussi dans le couple que vous avez formé. Un couple, là encore exceptionnel. Raymond fut un compagnon de route et de vie, de tous les instants, hors du commun et si fier de toi. Si fier et complice de tes succès, heureux de t’avoir eu près de lui, tout au long de ces années et encore tout récemment dans ce travail remarquables que tu as mené pour réaliser cette anthologie du judaïsme où il t’aidait à trouver le mot juste, le concept  pertinent, la pensée la plus élevée. Il n’a cessé de te remercier et de te rendre hommage, mot étrange, en fait, car il ne lui convenait pas ; et pourtant c’est celui  qui me vient pour décrire l’amour et la reconnaissance qu’il te témoignait avec l’élégance de celui qui  descend de cette grande famille égyptienne. Et c’est vrai, ma chère Francine, nous t’avons tous admirée : tu étais là, présente, attentive,  attentionnée, jusqu’à la fin ; combien de fois n’a-t-il pas répété à Ilana : «  remercie ta mère pour ce qu’elle fait. Tu ne la remercieras jamais assez ». Et Francine, alors, tu riais, tu protestais, mais c’était vrai. Tu as été, toi aussi, toutes ces années, exceptionnelle, trouvant ton chemin propre au sein de ces liens qui vous unissaient, traversant les épreuves de la mort de Liora et croyant toujours, avec Raymond que ce qui vous unissait était toujours plus fort que tout.</p>
<p>Mais je ne voudrais pas conclure sans évoquer une fois encore tous ceux d’entre vous qui l’avez entouré, aimé et en particulier Sylvain. Je sais, mon cher  Sylvain, que tu as entouré Raymond de toute ton affection et que tu lui as aussi permis de s’en aller, avec sérénité. Sois en remercié. </p>
<p>Voilà, chers amis, chers enfants et petits enfants, chère Francine, les quelques mots que je souhaitais vous dire.</p>
<p>Raymond, tu vas laisser un grand vide dans le cœur de chacun. Ta présence remplissait tant de moments de nos vies ! Mais sache que tu as mis dans chacun de nos cœurs une graine de ta générosité et de ta gentillesse, de ton amour du judaïsme et de ton amour d’Israël qui ont fait l’homme que tu as été, un être d’exception.</p>
<p>La tradition juive, dit-on, lorsqu’on prononce un discours en l’honneur d’un défunt, conseille de ne pas trop rappeler ses qualités ; car quand il arrive là haut, auprès de Dieu, les anges risquent de faire la grimace en comparant cet éloge terrestre avec la réalité !</p>
<p>Cela ne t’étonnera pas, mon cher Raymond, que j’aie pris quelque liberté avec les usages…..  Mais, de toute façon, tu n’as rien à craindre. Bien au contraire. C’est nous qui devons redouter que les anges, là haut,  ne nous tancent et ne nous interpellent en nous disant : « vous n’avez pas tout dit ». Et ils auront raison. Qu’ils me pardonnent. </p>
<p> </p>
<p><em>Anne-Marie Revcolevschi</em></div>
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